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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Un autre guide nécessaire, la géographie, manquait alors presque entièrement à l'étude de l'histoire. Pétrarque tourna de ce côté, l'ardeur de ses recherches, et rendit plus facile aux autres, l'instruction qu'il y avait acquise. Son Itinéraire de Syrie 601, prouve que cette instruction était très-étendue pour son temps. On voit, par une de ses lettres 602, qu'il avait fait de grands efforts pour fixer d'une manière certaine, le plan de l'île de Thulé ou Thylé, dont il est si souvent parlé dans les anciens. N'oubliant jamais, dans aucun de ses travaux, l'intérêt de sa patrie, il avait fait dessiner, sous les yeux du roi Robert, une carte d'Italie, plus exacte que toutes celles qui existaient alors 603. Enfin, il avait rassemblé dans sa bibliothèque, tout ce qu'il put trouver de cartes et de livres de géographie. Cette bibliothèque était considérable; on a vu qu'après avoir libéralement donné la première, il avait cédé au besoin de s'en former une seconde; et ce mot de bibliothèque, qui ne signifie aujourd'hui que quelques soins pris, quelques recherches faites, et souvent même une simple commission donnée à un libraire, signifiait alors tout autre chose. Les bons manuscrits étaient d'une rareté extrême, surtout ceux des anciens auteurs grecs et latins, dont on n'avait même encore retrouvé qu'un petit nombre. On peut dire que Pétrarque mit le premier, une sorte de passion à en suivre la trace, à en faire lui-même, et à en favoriser la recherche. Ses lettres sont remplies de ces détails intéressants. Souvent un auteur lui en fait connaître un autre; en en cherchant un, il en trouve plusieurs, et son insatiable curiosité s'augmente à mesure qu'il fait plus de découvertes 604. Il recommande sans cesse qu'on cherche d'anciens livres, principalement en Toscane, qu'on examine les archives des maisons religieuses, et il adresse les mêmes prières à ses amis, en Angleterre, en France, en Espagne. Son avidité pour cette recherche était connue si généralement et si loin, que Nicolas Sigeros, grec distingué à la cour de Constantinople, lui envoya pour présent, une copie complète des poëmes d'Homère; et la lettre de remercîment que lui écrivit Pétrarque, prouve quel fut l'excès de sa joie à la présence inattendue du prince des poëtes.

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