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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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C'est là, c'est au second cercle de l'abîme 46, que commence proprement l'Enfer. Minos est assis à l'entrée, avec un aspect horrible et des grincements de dents. C'est un juge de l'ancien Enfer, mais c'est un démon de l'Enfer moderne. Sa longue queue lui sert pour marquer les degrés de sévérité de ses sentences. Selon les crimes commis par les âmes qui paraissent devant lui, il fait autour de son corps plus ou moins de tours avec sa queue, et l'âme descend dans le cercle indiqué par le nombre des tours 47. Au-delà de son tribunal, on entend des voix plaintives, des gémissements et des pleurs. L'air, privé de toute lumière, mugit comme une mer orageuse, battue par des vents contraires 48. L'ouragan infernal qui ne s'apaise jamais, emporte avec lui les âmes, les tourmente, et les fait tourner sans cesse dans ses tourbillons. Quand elles arrivent au bord du précipice, alors se font entendre les cris, les lamentations et les blasphèmes. Ce sont les âmes des voluptueux qui ont soumis la raison à leurs désirs. Le poëte compare leurs essaims nombreux aux troupes d'étourneaux qui s'envolent à l'arrivée de la froide saison, et à celles des grues, qui tracent dans l'air de longues files, en jetant des cris plaintifs 49.

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