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Histoire littéraire d'Italie (1/9)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE. (continued 2)

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«Dante était tourmenté d'une maladie douloureuse, et s'en occupait moins que de Béatrix. S'il fallait qu'elle souffrit ce que je souffre!... si j'étais réduit à la perdre! Il s'endormit au milieu de ces idées, et ses rêves furent tels que ceux d'un homme attaqué de phrénésie. «Je voyais, dit-il, des femmes échevelées marcher autour de mon lit; l'une me disait: Tu mourras; l'autre: Tu es mort; au même instant le soleil s'obscurcit, la terre trembla. Un ami s'approcha de moi, et me dit: Béatrix n'est plus. À ces mots je pleurai. Mon malheur n'était qu'un songe; mes larmes étaient réelles, et coulaient en abondance. Je jetai un cri; on vint à moi, je m'éveillai et racontai mon rêve; mais je tus le nom de Béatrix 739». Il fit de cette espèce de vision ou de songe le sujet d'une canzone, l'une des meilleures de celles qu'il a encadrées dans cet ouvrage 740. Une autre encore qu'il écrivit peu de temps après la mort de Béatrix 741 et quelques sonnets de la même époque, ont du naturel, de la douceur, un ton de mélancolie et de tristesse qu'il paraît avoir su donner, mieux que tout autre poëte avant Pétrarque, à la poésie italienne. On ne reconnaît pas sans quelque surprise que certaines figures de style, certains tours passionnés, qui paraissent crées par Pétrarque, avaient été dictés long-temps avant lui au Dante par une douleur peut-être plus profonde que la sienne, et par un aussi véritable amour.

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