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Histoire du XIXe siècle (volume 2/3)

Note 106 — LIVRE IV ANGLETERRE. — INDE. — ÉGYPTE 97-98

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Voy. Mill, Barchou de Penhoën, etc. Cette armée de dix mille hommes, sous Lake et Wellington, avait une suite de cent mille hommes ; plus, force éléphants et chameaux. Nombre de serviteurs pour dresser les tentes. — Chaque cheval, outre son cavalier, avait deux domestiques, l’un pour l’étriller, l’autre pour les fourrages. Ajoutez un bétail immense, et des bœufs de transport, de nombreux serviteurs pour porter les palanquins, les malades, etc. Les soldats recevaient, avec les rations de viande que donnaient des troupeaux, des rations d’arack. Les officiers avaient en outre des moutons, des chèvres pour leur usage particulier. — Un simple lieutenant avait dix domestiques, un capitaine vingt, un major trente, etc. Même les soldats avaient leurs suivants. Il fallait un porteur d’eau pour chaque tente, un cuisinier par tente de dix ou douze soldats.

Plus des femmes, marchands et inutiles (aventuriers qui cherchent et trouvent les grains cachés). Le camp était comme une ville. On y voyait de longues rues de boutiques dans tous les sens, avec marchands européens, indous, mongols. De riches restaurants qui étalent viandes, légumes, fruits rares ; — des boutiques de changeur ; de l’or en abondance, des draps fins, mousselines transparentes, étoffes brochées d’or, d’argent ; diamants, pierres précieuses. Des femmes vendant essences, guérissant par enchantement. — Groupes de danseuses ; d’autres disent la bonne aventure, chantent des chansons, pendant qu’un musicien joue d’un instrument d’airain. — Des jongleurs déploient leur dextérité. Les tentes militaires étaient établies sur un modèle uniforme ; les autres variées. A travers ces rues irrégulières, des troupes d’éléphants et de chameaux circulaient gravement avec leurs clochettes. On trouvait là une foule de costumes et de langues diverses : anglais, persan, indoustan, arabe et dialectes provinciaux.

Aux grandes pluies, cette foule ne trouvait pas d’abri, sauf parfois de vastes mausolées indiens. L’immense sépulture d’Acbar, avec ses cinq voûtes de marbre blanc et noir, ses terrasses et ses minarets, ses précieuses mosaïques reçut trois régiments de dragons. Les officiers logèrent dans les vingt chambres sépulcrales où les fondateurs des grandes familles reposaient autour de leur maître. Les tombes, si longtemps silencieuses, retentirent des banquets bruyants prolongés dans la nuit. Ces outrages des chrétiens, communs aux deux populations, indienne et musulmane, durent les rapprocher plus qu’au temps de Tippoo, et sans doute amener la coalition que nous avons vue en 1857.

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