Note 27 — DEUXIÈME PARTIE FIN DE LA CONVENTION. — DIRECTOIRE. (continued 3)
Reading edition
Le retour des émigrés qui se faisait partout marquait leur opposition au vieux parti fanatique, le parti prêtre et paysan des primitifs Vendéens (Bernier, Stofflet, etc.). Le 11 août, au château de Bourmont, M. de Châtillon, homme de grande naissance, avec un conseil de seigneurs, fit une sortie terrible contre les prêtres qui, au lieu de patienter, d’attendre les élections, avaient fait faire mille crimes sur les grandes routes. Il leur défendit de se mêler de rien, et, séance tenante, les chassa de sa présence. (Sav., V, 321.) Châtillon ajouta encore : « Il nous faut des chefs instruits », notant ainsi durement Stofflet et le meunier Cadoudal. Ce vaillant Stofflet recevait à ce moment du roi même et de son ministre à Londres une bien sotte rebuffade : « On ne peut le décorer de la croix de Saint-Louis, car il n’est pas gentilhomme. » Le roi en nommant Charette généralissime, avait exaspéré la haine que Bernier et Stofflet avaient contre lui. Bernier, dans un mémoire terrible adressé au comte d’Artois, résume les crimes de Charette, en fait un portrait atroce. Ainsi, de toutes parts, la Vendée tombait en dissolution. Hoche réussissait partout par le plus simple moyen : il saisissait les bestiaux du paysan jusqu’à ce que celui-ci remît son fusil. Et il le remettait avec d’autant moins de regret que le retour de son seigneur l’émigré, qui revenait pour demander ses fermages, refroidissait son royalisme et le dégoûtait de la guerre civile.