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Histoire des salons de Paris (Tome 4/6)

Note 156 — SECONDE PARTIE.

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J'avais été en grande intimité avec la grande-duchesse de Berg à son arrivée à Paris; mais cette intimité avait été plutôt ordonnée par ma mère qu'amenée par la sympathie: nous étions déjà assez grandes l'une et l'autre pour causer, et elle ne connaissait ni mes habitudes d'études, ni mes goûts. J'avais d'ailleurs une amie, Laure de Caseaux[156], ma sœur de cœur, avec qui j'étais liée depuis mon enfance, avec qui je passais ma vie; j'étais aussi très-liée avec mademoiselle de Périgord, toutes deux charmantes et bonnes jeunes filles, élégantes, et tout autre chose pour moi qu'une jolie jeune personne, à la vérité, mais seulement cela, et d'une ignorance qui allait jusqu'à la plus grande de tout... Cependant, comme la jeunesse est confiante, je me liai avec elle selon le désir de sa mère et de la mienne, ainsi que de son excellent oncle Joseph, chez lequel elle logeait, dans sa maison de la rue du Rocher, lorsqu'elle venait à Paris de Saint-Germain, où elle était en pension chez madame Campan, qui alors était l'institutrice la plus en vogue... Mais nos causeries étaient nulles, et le temps se passait, de sa part et de la mienne, à regarder et montrer son écrin, qui, déjà à cette époque, se trouvait très-remarquable pour une jeune personne (c'était pendant la campagne d'Égypte); cela, pour le dire en passant, me causait une petite douleur, car enfin quelle est la jeune fille de quatorze ans qui voit philosophiquement ce qui pare une autre jeune fille... Je ne sais si sa vanité en a beaucoup joui, mais moi je sais que mon amitié ne s'en est pas accrue; et toutes les fois que je rentrais chez moi en revenant de la rue du Rocher, je pensais à mes deux amies, si bonnes et si simples avec tout ce qui devait leur inspirer de l'orgueil, et qui jamais ne m'avaient fait sentir que ma fortune était au-dessous de la leur. Nous en vînmes, malgré tout cela, à nous tutoyer, Caroline Bonaparte et moi. Nous étions assez inconnues l'une à l'autre, cependant, et la suite m'a bien prouvé que pour elle, du moins, elle ne me connaissait pas du tout!... surtout à l'époque dont je parle... lors de ces chasses du Raincy.

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