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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 4 de 5)

Note 30 — LIVRE III. L'ÂGE CLASSIQUE. (SUITE.)

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Toute la beauté de ces pamphlets est dans l'accent. Ils n'ont ni la fougue généreuse de Pascal, ni la gaieté étourdissante de Beaumarchais, ni la finesse ciselée de Courier, mais un air de supériorité accablante et une âcreté de rancune terrible. La passion et l'orgueil énorme, comme tout à l'heure l'esprit positif, ont assené tous les coups. Il faut lire son Esprit public des Whigs contre Steele. Page à page, Steele est déchiré avec un calme et un dédain que personne n'a égalés. Swift avance régulièrement, ne laissant aucune partie saine, enfonçant blessure sur blessure, sûr de tous ses coups, en sachant d'avance la portée et la profondeur. Le pauvre Steele, étourdi vaniteux, est entre ses mains comme Gulliver chez les géants; c'est pitié de voir un combat si inégal, et ce combat est sans pitié: Swift l'écrase avec soin et avec aisance, comme une vermine. Le malheureux, ancien officier et demi-lettré, se servait maladroitement des mots constitutionnels. «Contre cet écueil, il vient perpétuellement faire naufrage à nos yeux, toutes les fois qu'il se hasarde hors des bornes étroites de sa littérature. Il a gardé un souvenir confus des termes depuis qu'il a quitté l'université, mais il a perdu la moitié de leur sens, et les met ensemble sans autre motif que leur cadence, comme ce domestique qui clouait des cartes de géographie dans le cabinet d'un gentleman, quelques-unes en travers, d'autres la tête en bas, pour mieux les ajuster aux panneaux[30].»

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