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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 4 de 5)

Note 33 — LIVRE III. L'ÂGE CLASSIQUE. (SUITE.)

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Il n'est peut-être ni très-sûr, ni très-prudent de raisonner contre l'abolition du christianisme dans un moment où tous les partis sont déterminés et unanimes sur ce point. Cependant, soit affectation de singularité, soit perversité de la nature humaine, je suis si malheureux, que je ne puis être entièrement de cette opinion. Bien plus, quand je serais sûr que l'attorney général va donner ordre qu'on me poursuive à l'instant même, je confesse encore que dans l'état présent de nos affaires soit intérieures, soit extérieures, je ne vois pas la nécessité absolue d'extirper chez nous la religion chrétienne. Ceci pourra peut-être sembler un paradoxe trop fort, même à notre âge savant et paradoxal; c'est pourquoi je l'exposerai avec toute la réserve possible et avec une extrême déférence pour cette grande et docte majorité qui est d'un autre sentiment.—Du reste, j'espère qu'aucun lecteur ne me suppose assez faible pour vouloir défendre le christianisme réel, qui, dans les temps primitifs, avait, dit-on, quelque influence sur la croyance et les actions des hommes; ce serait-là en effet un projet insensé; on détruirait ainsi d'un seul coup la moitié de la science et tout l'esprit du royaume. Le lecteur de bonne foi comprendra aisément que mon discours n'a d'autre objet que de défendre le christianisme nominal, l'autre ayant été depuis quelque temps mis de côté par le consentement général comme tout à fait incompatible avec nos projets actuels de richesse et de pouvoir[33].

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