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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 2 de 5)

Note 150 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)

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Les trois coquins qui prétendent hériter, travaillent tous à sauver Volpone. Corbaccio désavoue son fils, l'accuse de parricide. Corvino déclare sa femme adultère, et maîtresse éhontée de Bonario. Jamais on n'a vu sur la scène une telle énergie de mensonge, une telle franchise de scélératesse. Le mari, qui sait sa femme innocente, est le plus acharné. «Cette femme, sauf le bon plaisir de vos paternités, est une catin, la plus chaude au plaisir.... Elle hennit comme une jument.» Il continue en termes toujours plus violents et en descriptions toujours plus précises. Célia s'évanouit. «Parfait! dit-il. Jolie feinte. Recommencez[150].» Ils font apporter Volpone qui a l'air expirant; ils fabriquent de faux témoignages, et Voltore les fait valoir, de sa langue d'avocat, avec des paroles «qui valent un sequin la pièce.» On met Célia et Bonario en prison, et Volpone est sauvé. Cette imposture publique n'est pour lui qu'une comédie de plus, un joyeux divertissement et un chef-d'œuvre. «Duper la cour, détourner le torrent contre les innocents, c'est un plaisir plus grand que si j'avais joui de la femme[151].» Pour achever, il écrit un testament en faveur de Mosca, se fait passer pour mort, et regarde, caché derrière un rideau, les visages des héritiers. Ils viennent de le sauver, tant mieux; la méchanceté en sera plus grande et plus belle. «Torture-les bien, Mosca!» Mosca étale le testament sur une table, et fait tout haut l'inventaire. «Neuf tapis de Turquie. Deux coffres sculptés, l'un d'ivoire, l'autre d'écaille de perle. Une boîte à parfums faite d'un seul onyx.» Les héritiers défaillent de douleur, et Mosca les chasse à coups d'insultes. Il dit à Corvino[152]:

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