Note 457 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)
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Ils en avaient la férocité. Milton haïssait à plein cœur. Il combattit de la plume, comme les côtes-de-fer de l'épée, pied à pied, avec une rancune concentrée et une obstination farouche. Les évêques et le roi payaient alors onze années de despotisme. Chacun se rappelait les bannissements, les confiscations, les supplices, la loi violée systématiquement et sans relâche, la liberté du sujet assiégée par un complot soutenu, l'idolâtrie épiscopale imposée aux consciences chrétiennes, les prédicateurs fidèles chassés dans les déserts de l'Amérique ou livrés au bourreau et au pilori[457]. De tels souvenirs, tombant sur des âmes puissantes, imprimèrent en elles des haines inexpiables, et les écrits de Milton témoignent d'un acharnement que nous ne connaissons plus. L'impression que laisse son Iconoclaste[458] est accablante. Phrase par phrase, durement, amèrement, le roi est réfuté et accusé jusqu'au bout, sans que l'accusation fléchisse une seule minute, sans qu'on accorde à l'accusé la moindre bonne intention, la moindre excuse, la moindre apparence de justice, sans que l'accusateur s'écarte et se repose un instant dans des idées générales. C'est un combat corps à corps, où tout mot porte coup, prolongé, obstiné, sans élan, sans faiblesse, d'une inimitié âpre et fixe, où l'on ne songe qu'à blesser fort et à tuer sûrement. Contre les évêques, qui étaient vivants et puissants, sa haine s'épancha plus violemment encore, et l'âcreté des métaphores venimeuses suffit à peine à l'exprimer. Milton les montra «étalés et se chauffant au soleil de la richesse et de l'avancement» comme une couvée de reptiles impurs. «La lie empoisonnée de leur hypocrisie, mêlée en une masse pourrie avec le levain aigri des traditions humaines, est l'œuf de serpent d'où éclora quelque part un antechrist aussi difforme que la tumeur qui le nourrit[459].»