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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 2 de 5)

Note 455 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)

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Est-ce ici que nous rencontrerons la politesse? C'est la dignité élégante qui répond à l'injure par l'ironie calme, et respecte l'homme en transperçant la doctrine. Milton assomme grossièrement son adversaire. Un pédant hérissé, né de l'accouplement d'un lexique grec et d'une grammaire syriaque, Saumaise avait dégorgé contre le peuple anglais un vocabulaire d'injures et un in-folio de citations. Milton lui répondit du même style: il l'appela «histrion, charlatan, professeur d'un sou[455], cuistre payé, homme de rien, coquin, être sans cœur, scélérat, imbécile, sacrilége, esclave digne des verges et de la fourche.» Le dictionnaire des gros mots latins y passa. «Toi qui sais tant de langues, qui parcours tant de volumes, qui en écris tant, tu n'es pourtant qu'un âne.» Trouvant l'épithète jolie, il la répéta et la sanctifia: «Ô le plus bavard des ânes, tu arrives monté par une femme, assiégé par les têtes guéries des évêques que tu avais blessés, petite image de la grande bête de l'Apocalypse!» Il finit par l'appeler bête féroce, apostat et Diable: «Ne doute pas que tu ne sois réservé à la même fin que Judas, et que, poussé par le désespoir plutôt que par le repentir, dégoûté de toi-même, tu ne doives un jour te pendre, et, comme ton émule, crever par le milieu du ventre[456].» On croit entendre les mugissements de deux taureaux.

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