Note 416 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)
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Un jour que le ministre de sa paroisse prêchait contre la danse, les jurons et les jeux, il se frappa de cette idée que le sermon était pour lui, et rentra dans sa maison plein d'angoisse. Mais il mangea; son estomac chargé déchargea son cerveau, et ses remords se dissipèrent. En véritable enfant, uniquement touché de la sensation présente, il fut ravi, sauta dehors et courut au jeu. Il avait lancé sa balle et allait recommencer, quand une voix dardée du ciel entra soudainement dans son âme: «Veux-tu quitter tes péchés et aller au ciel, ou garder tes péchés et aller en enfer?» Éperdu, «je regardai le ciel, et je fus comme si, avec les yeux de mon intelligence, j'avais aperçu le Seigneur Jésus, me regardant d'un air très-fâché contre moi, et comme s'il m'avait sévèrement menacé de quelque griève punition pour ces pratiques impies et les autres semblables[416].» Tout d'un coup, réfléchissant que ses péchés étaient très-grands, et qu'il serait certainement damné quoi qu'il fît, il résolut de se contenter en attendant, et pendant cette vie de pécher tant qu'il pourrait. Il reprit sa balle, se remit à jouer avec fureur, et jura plus haut et plus souvent que jamais. Un mois après, réprimandé par une femme, tout d'un coup «à ce reproche je me tus, et baissant la tête, je souhaitai d'être de nouveau un petit enfant pour que mon père m'apprît à parler sans cette méchante habitude de jurer. Car, pensai-je, j'y suis si accoutumé qu'il serait inutile de penser à me corriger; je ne pourrais jamais le faire.—Mais je ne sais comment cela arriva, à partir de ce temps je quittai mes jurons, tellement que c'était un grand étonnement pour moi de me voir ainsi; et tandis qu'auparavant je ne savais parler sans mettre un juron devant et un derrière pour donner crédit à mes paroles, maintenant sans jurons je parlais mieux et plus aisément que je n'avais fait auparavant[417].» Ces brusques alternatives, ces résolutions violentes, ce renouvellement imprévu du cœur, sont des œuvres de l'imagination passionnée et involontaire; par ses hallucinations, par sa souveraineté, par ses idées fixes, par ses idées folles, elle prépare un poëte et annonce un inspiré.