Note 397 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)
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Autour d'eux, l'exaltation, la folie gagnent: indépendants, millénariens, antinomiens, anabaptistes, libertins, familistes, quakers, enthousiastes, chercheurs, perfectistes, sociniens, ariens, antitrinitairiens, antiscripturistes, sceptiques, la liste des sectes ne finit pas. Des femmes, des troupiers montaient subitement en chaire et prêchaient. Les cérémonies les plus étranges s'étalaient en public. En 1644, dit le docteur Featly, «les anabaptistes rebaptisèrent cent hommes et femmes ensemble au crépuscule, dans des ruisseaux, dans des bras de la Tamise et ailleurs, les plongeant dans l'eau par-dessus la tête et les oreilles.» Un certain Oates, dans le comté d'Essex, «fut traduit devant le jury pour le meurtre d'Anne Martin, qui était morte, quelques jours après son baptême, d'un froid qui l'avait saisie.» Fox conversait avec le Seigneur, et témoignait à haute voix, dans les rues et dans les marchés, contre les péchés du siècle. «William Simpson[397] (un de ses disciples) reçut l'ordre du Seigneur d'aller à plusieurs reprises, pendant trois ans, nu et sans chaussures devant eux, comme un signe pour eux, dans les marchés, dans les cours, dans les villes, dans les cités, dans les maisons des prêtres, dans les maisons des hommes puissants, leur disant: Vous serez tous dépouillés et mis à nu, comme je suis dépouillé et mis à nu.—Et d'autres fois il reçut l'ordre de mettre un sac sur sa tête, et de barbouiller sa figure, et de leur dire: Le Seigneur barbouillera votre religion, tout comme je suis barbouillé moi-même.» Une femme entra dans la chapelle de White-Hall complétement nue, au milieu du service, le lord Protecteur étant présent. Un quaker vint à la porte du Parlement avec une épée tirée, et blessa plusieurs personnes présentes, disant que le Saint-Esprit lui avait inspiré de tuer tous ceux qui siégeaient à la Chambre. Les hommes de la cinquième monarchie croyaient que le Christ allait descendre pour régner en personne sur la terre, pendant mille ans, avec les saints pour ministres. Les ranters reconnaissaient comme signe principal de la foi les vociférations furieuses et les contorsions. Les chercheurs pensaient que la vérité religieuse ne doit être saisie que dans une sorte de brouillard mystique, avec doute et appréhension. Les muggletoniens décidaient que «John Reeve et Ludovick Muggleton étaient les deux derniers prophètes et messagers de Dieu;» ils déclaraient les quakers possédés du diable, exorcisaient le diable et prophétisaient que William Penn serait damné. J'ai cité tout à l'heure James Naylor, ancien quartier-maître du général Lambert, adoré comme un Dieu par ses sectateurs. Plusieurs femmes conduisaient son cheval, d'autres jetaient devant lui des mouchoirs et des écharpes, chantant: Saint, Saint, Seigneur Dieu. Elles l'appelaient le plus beau des dix mille, le Fils unique de Dieu, le prophète du Dieu très-haut, le Roi d'Israël, le Fils éternel de la justice, le Prince de la paix, Jésus, celui en qui l'espoir d'Israël réside. L'une d'elles, Dorcas Erbury, déclara, qu'elle était restée morte deux jours entiers dans sa prison d'Exeter, et que Naylor l'avait ressuscitée en lui imposant les mains. Sarah Blackbury le trouvant prisonnier, le prit par la main, et lui dit: «Lève-toi, mon amour, ma colombe, ma beauté, et viens-t'en. Pourquoi restes-tu assis parmi les pots?—» Puis elle lui baisa la main et se prosterna devant lui. Lorsqu'on le mit au pilori, quelques-uns de ses disciples se mirent à chanter, à pleurer, à frapper leur poitrine; d'autres baisaient ses mains, se couchaient sur son sein et baisaient ses blessures[398]. Bedlam déchaîné n'aurait pas fait mieux.