Note 380 — LIVRE II. LA RENAISSANCE. (SUITE.)
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Ainsi roulent ces puissantes paroles, sublimes comme le motet d'un orgue; cet universel écrasement des vanités humaines a la grandeur funéraire d'une tragédie; la piété ici sort de l'éloquence, et le génie conduit à la foi. Toutes les forces et aussi toutes les tendresses de l'âme sont remuées. Ce n'est pas un froid rigoriste qui parle, c'est un homme, un homme ému qui a des sens, un cœur, qui est devenu chrétien non par la mortification, mais par le développement de tout son être. «Considérez la vivacité de la jeunesse, les belles joues et les yeux pleins de l'enfance, la force et la vigoureuse flexibilité des membres de vingt-cinq ans, puis en regard le visage creux, la pâleur de mort, le dégoût et l'horreur d'une sépulture de trois jours. J'ai vu de la même façon une rose sortir des fentes de son chaperon de feuilles; d'abord elle était belle comme le matin et pleine de la rosée du ciel; mais quand un souffle rude eut brutalement livré au jour sa modestie virginale et démantelé sa trop fraîche et trop frêle retraite, elle commença à se ternir, puis à décliner vers l'abattement et la vieillesse maladive; elle pencha la tête, sa tige se rompit, et le soir, ayant perdu quelques-unes de ses feuilles et toute sa beauté, elle tomba dans le sort des mauvaises herbes et des visages flétris. Tel est le sort de tout homme et de toute femme: devenir l'héritage des vers et des serpents dans la froide terre immonde, avec notre beauté si changée que bientôt nos amis ne nous reconnaîtraient plus; et ce changement mêlé de tant d'horreur.... que ceux qui six heures auparavant nous comblaient de leurs charitables ou ambitieux services, ne peuvent sans quelque regret rester seuls dans la chambre où gît le corps dépouillé de la vie et de ses honneurs[380].»