Note 241 — LIVRE II. LA RENAISSANCE.
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Vers la fin du quinzième siècle[241], le branle est donné; le commerce et l'industrie des laines s'accroissent soudainement, et si énormément que les terres à blé sont changées en prairies, «que tout est pris pour les pâturages[242],» et que dès 1553 quarante mille pièces de drap sont exportées en un an par des vaisseaux du pays. C'est là déjà l'Angleterre telle que nous la voyons aujourd'hui, contrée de prairies, toute verte, coupée de haies, parsemée de bétail, navigatrice, manufacturière, opulente, avec un peuple de travailleurs nourris de viande, qui l'enrichissent en s'enrichissant. Ils améliorent si bien l'agriculture, qu'au bout de cent ans[243] le produit de l'acre est doublé. Ils multiplient si fort, qu'en deux cents ans[244] la population double. Ils s'enrichissent tellement qu'au commencement de Charles Ier la chambre des Communes est trois fois plus riche que la chambre des Lords. La ruine[245] d'Anvers par le duc de Parme leur envoie «le tiers des marchands et des manufacturiers, qui fabriquaient les soies, les damas, les bas, les taffetas, les serges.» La défaite de l'Armada et la décadence de l'Espagne ouvrent toutes les mers à leur marine[246]. La ruche laborieuse, qui sait oser, essayer, explorer, agir par bandes, et toujours fructueusement, va commencer ses profits et ses voyages et bourdonner par tout l'univers.