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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 1 de 5)

Note 300 — LIVRE II. LA RENAISSANCE.

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Tout est pris ici, le cœur et les sens. S'il trouve les yeux de Stella plus beaux que toute chose au monde, il trouve «son âme plus belle encore que son corps.» Il est platonicien, lorsqu'il raconté que la vertu, voulant se faire aimer des hommes, a pris la forme de Stella pour enchanter leurs yeux, «et leur faire découvrir ce ciel que le sens intérieur révèle aux âmes héroïques.» On reconnaît en lui la soumission entière du cœur, l'amour tourné en religion, la passion parfaite qui ne souhaite que de croître, et qui, semblable à la piété des mystiques, se trouve toujours trop petite quand elle se compare à l'objet aimé. «Ma jeunesse se consume; mon savoir ne met au jour que des futilités. Mon esprit s'emploie à défendre une passion qui, pour récompense, le persécute de folles peines. Je vois que ma course m'entraîne à ma perte; je le vois, et pourtant mon plus grand chagrin est de ne point perdre davantage pour l'amour de Stella[300].» À la fin, comme Socrate dans le Banquet, il tourne les yeux vers la Beauté immortelle[301], clarté céleste «qui perce les nuages et tout à la fois brille et nous donne la vue.» «Oh! attaches-y tes yeux. Que cette lumière soit ton guide dans cette course éphémère qui mène de la naissance à la mort[302].» L'amour divin continue l'amour terrestre; il y était renfermé, il s'en dégage. À cette noblesse, à ces hautes aspirations, reconnaissez une de ces âmes sérieuses comme il y en a tant sous ce climat et dans cette race. À travers le paganisme régnant, les instincts spiritualistes percent, et font des platoniciens, en attendant qu'ils fassent des chrétiens.

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