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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 1 de 5)

Note 65 — LIVRE I. LES ORIGINES.

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Entre tous ces poëtes inconnus[65], il y en a un dont on sait le nom, Cœdmon, peut-être l'ancien Cœdmon, l'inventeur du premier hymne, en tout cas semblable à l'autre, et qui, repensant la Bible avec la vigueur et l'exaltation barbare, a montré la grandeur et la fureur du sentiment avec lequel les hommes de ce temps entraient dans leur nouvelle religion. Lui aussi, il chante quand il parle; quand il nomme l'Arche, c'est par une profusion de noms poétiques, «la maison flottante, la plus grande des chambres flottantes, la forteresse de bois, le toit mouvant, la caverne, le grand coffre de mer,» et dix autres. Chaque fois qu'il y pense, il la voit intérieurement, comme une rapide apparition lumineuse, et chaque fois sous une face nouvelle, tantôt ondulant sur les vagues limoneuses entre deux bandes «d'écume,» tantôt allongeant sur l'eau son ombre énorme, noire, haute comme celle «d'un château, «tantôt enfermant dans ses «flancs caverneux» le fourmillement infini des animaux entassés. Comme les autres, il combat de cœur avec Dieu; il triomphe, en guerrier, de la destruction et de la victoire; et quand il conte la mort de Pharaon, il balbutie ivre de colère, les regards troubles, parce que le sang lui monte aux yeux.» Le peuple fut épouvanté,—le flot terrible arriva sur eux.—Le vent frémissant—faisait un hurlement de mort...—La mer vomissait du sang—il y avait une lamentation sur les eaux...—L'obscurité de l'abîme commençait.—Les Égyptiens—s'étaient retournés.—Ils fuyaient effrayés!—Ils sentirent la crainte jusqu'au fond de leur cœur.—L'armée aurait bien voulu—rentrer dans son pays.—Leur orgueil était abattu.—Une seconde fois le terrible roulement des flots—vint les saisir.—Il n'y avait pas un d'eux qui pût revenir,—pas un des guerriers qui pût rentrer dans sa maison.—La Destinée, au milieu de leur course,—par derrière, les avait enfermés.—Là où tout à l'heure la voie était ouverte,—roulait la mer furieuse.—L'armée fut engloutie.—Les flots s'enflaient.—La tempête montait—bien haut dans le ciel.—L'armée se lamentait.—Ils criaient, ô douleur!—jusqu'à la nue ténébreuse,—d'une voix défaillante.—Avec un frémissement affreux,—la fureur de l'Océan se déchaînait,—réveillée de son sommeil.—Les terreurs se levaient,—et les cadavres roulaient.»

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