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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 1 de 5)

Note 59 — LIVRE I. LES ORIGINES.

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Une race ainsi faite était toute préparée pour le christianisme, par sa tristesse, par son aversion pour la vie sensuelle et expansive, par son penchant pour le sérieux et le sublime. Quand les habitudes sédentaires eurent livré leur âme à de longs loisirs, et diminué la fureur qui soutenait leur religion meurtrière, ils inclinèrent d'eux-mêmes vers une foi nouvelle. La vague adoration des grandes puissances naturelles qui éternellement se combattent pour se détruire et renaissent pour se combattre, avait depuis longtemps disparu dans un lointain obscur. La société, en se formant, amenait avec soi l'idée de la paix et le besoin de la justice, et les dieux guerriers languissaient dans l'imagination des hommes, en même temps que les passions qui les avaient faits. Un siècle et demi après la conquête[59], des missionnaires romains, portant une croix d'argent avec un tableau où était peint le Christ, arrivèrent en procession, chantant des litanies. Bientôt le grand prêtre des Northumbres déclara en présence des nobles que les dieux anciens étaient sans pouvoir, avoua «qu'auparavant il ne comprenait rien à ce qu'il adorait,» et lui-même le premier, la lance en main, renversa leur temple. De son côté un chef se leva dans l'assemblée, et dit:

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