← Table of contents
Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 1 de 5)

Note 192-A — LIVRE I. LES ORIGINES.

Reading edition

Mais le récit ne suffit point à exprimer le bonheur et le rêve; il faut que le poëte aille[192-A] «dans les plaines qui s'habillent de verdure nouvelle, où les petites fleurs commencent à pousser, où les pluies bonnes et saines renouvellent tout ce qui est vieux et mort;» où «l'alouette affairée, messagère du jour, salue dans ses chansons le matin gris, où le soleil dans les buissons sèche les gouttes d'argent suspendues aux feuilles.» Il faut qu'il s'oublie dans les vagues félicités de la campagne, et que, comme Dante, il se perde dans la lumière idéale de l'allégorie. Les songes de l'amour, pour rester vrais, ne doivent pas prendre un corps trop visible, ni entrer dans une histoire trop suivie; ils ont besoin de flotter dans un lointain vaporeux; l'âme où ils bourdonnent ne peut plus penser aux lois de la vie; elle habite un autre monde; elle s'oublie dans la ravissante émotion qui la trouble et voit ses visions bien-aimées se lever, se mêler, revenir et disparaître, comme on voit, l'été, sur la pente d'une colline, des abeilles voltiger dans un nuage de lumière et tourbillonner autour des fleurs.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings