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Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 1 de 5)

Note 180 — LIVRE I. LES ORIGINES.

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Mais surtout des descriptions viennent par multitudes y insérer leurs dorures. Chaucer vous promène parmi les armures, les palais, les temples, et s'arrête devant chaque belle pièce: ici[180] «l'oratoire et la chapelle de Vénus,» «et la figure de Vénus elle-même» glorieuse à voir—nue et flottant sur la large mer—depuis le nombril jusqu'au bas toute couverte—de vagues vertes aussi brillantes que le verre,—ayant dans sa main droite une citole—et sur sa tête gracieuse à voir—une guirlande de roses fraîches, à la douce odeur—pendant qu'au-dessus de sa tête voltigent ses colombes;»—[181]là-bas le temple de Mars, dans une forêt—où n'habite ni homme ni bête,—avec de vieux arbres noueux, rugueux, stériles,—aux souches pointues, et hideux à voir,—à travers lesquels couraient un bruissement et un frémissement,—comme si la tempête allait briser chaque branche.—Puis le temple lui-même sous un escarpement—tout entier bâti d'acier bruni et dont l'entrée—était longue, étroite, affreuse à regarder,»—tandis que du dehors «venait un souffle si furieux—qu'il soulevait toutes les portes. «Nulle lumière, sauf celle du nord; chaque pilier en fer luisant et gros comme une tonne; la porte en diamant indestructible et barrée de fer solide en long et en travers: partout sur les murs les images du meurtre, et dans le sanctuaire «la statue de Mars sur un chariot, armé, l'air furieux et sombre, avec un loup debout devant lui à ses pieds, qui, les yeux rouges, mangeait la chair d'un homme.» Ne sont-ce point là des contrastes bien faits pour réveiller l'attention? Vous rencontrerez dans Chaucer des enfilades de peintures pareilles. Regardez le défilé des combattants qui viennent jouter en champ clos pour Arcite et Palémon[182]: les uns[183] avec une targe, d'autres avec un bouclier, d'autres avec une cuirasse et un jupon d'acier; chacun armé à sa guise, d'épées, de haches, de masses, selon la mode capricieuse de la fantaisie guerrière. En tête «le roi de l'Inde sur un coursier bai, caparaçonné d'acier et couvert de drap d'or brodé; son habit semé de grosses perles blanches et rondes; son manteau constellé de rubis rouges étincelants comme le feu, ses cheveux bouclés et blonds luisant au soleil, ses yeux comme ceux d'un lion, sa voix comme une trompette tonnante, une fraîche guirlande de laurier sur sa tête, et sur son poing un aigle apprivoisé, blanc comme un lis.» Puis, d'un autre côté, Lycurgue, le roi de Thrace, «aux grands membres, aux muscles durs et forts, aux épaules larges, noir de barbe et viril de face, sa longue chevelure de corbeau tombant derrière son dos, un lourd diadème d'or et de rubis sur la tête, lui-même debout sur un char d'or traîné par quatre taureaux blancs, derrière lui vingt lévriers grands comme de petits buffles et munis de colliers d'or ouvragé, à l'entour cent seigneurs bien armés et bien braves.» Un hérault d'armes ne décrirait pas mieux ni davantage. Les nobles et les dames du temps retrouvaient ici leurs mascarades et leurs tournois.

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