Note (retour) — DEUXIÈME PARTIE (continued 3)
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Sur ces entrefaites, arrivèrent d'Egypte deux envoyés, apportant, de la part du khalife El-Aziz, un message par lequel il défendait à El-Mansour de s'opposer aux actes d'Abou-l'Fahm et le menaçait du poids de sa colère s'il transgressait cet ordre; les messagers déclarèrent même que, dans ce cas, ils devraient le conduire, la corde au cou, à leur maître. Ces menaces causèrent au fils de Bologguine la plus violente indignation et eurent un effet tout opposé à celui qu'on en attendait. Au lieu de se conformer aux ordres d'un suzerain qui reconnaissait si mal les services de sa famille, El-Mansour commença par séquestrer les deux officiers, puis il pressa de toutes ses forces les préparatifs de la campagne. Bientôt, il se mit en marche et vint directement enlever Mila, qu'il livra au pillage. Les Ketama avaient fui: il porta la destruction dans tous leurs villages, atteignit Abou-l'Fahm non loin de Sétif et le mit en déroute. L'agitateur chercha un refuge dans une montagne escarpée, mais il fut pris et conduit au gouverneur. El-Mansour ordonna de le mettre en pièces devant les envoyés du khalife El-Aziz, qu'il avait traînés à sa suite dans la campagne; des esclaves nègres, après avoir dépecé le corps d'Abou-l'Fahm, le firent cuire et en mangèrent les morceaux en leur présence. Les envoyés reçurent alors licence de retourner au Caire; ils y arrivèrent terrifiés et racontèrent à leur maître ce dont ils avaient été témoins, déclarant qu' «ils revenaient de chez des démons mangeurs d'hommes et non d'un pays habité par des humains 593».