Note (retour) — DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE (continued 3)
Reading edition
Bien que les Vandales tinssent encore la campagne et qu'il y eût lieu de craindre le retour de Tzazon avec l'armée de Sardaigne, on pouvait, dès lors, considérer le succès de l'expédition comme assuré. La province d'Afrique rentrait dans le giron de l'empire et sa belle capitale allait refleurir sous la protection de Justinien, dont elle devait prendre le nom. Les églises catholiques que les Ariens occupaient rentrèrent aussitôt en la possession des orthodoxes, qui célébrèrent avec éclat les victoires de Bélisaire «si manifestement secondé par la protection divine.» Les chefs indigènes qui, nous l'avons vu, avaient d'abord envoyé leur hommage au représentant de l'empereur, s'étaient ensuite tenus dans l'expectative afin de ne pas se compromettre. Après l'entrée de Bélisaire à Karthage, ils ouvrirent auprès de lui de nouvelles négociations, à l'effet d'obtenir une investiture officielle. Le général accueillit avec faveur ces ouvertures et envoya pour chacun d'eux: «une baguette d'argent doré, un bonnet d'argent en forme de couronne, un manteau blanc qu'une agrafe d'or attachait sur l'épaule droite, une tunique qui, sur un fond blanc, offrait des dessins variés, et des chaussures travaillées avec un tissu d'or. Il joignit à ces ornements de grosses sommes d'argent 258.»