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Histoire de France 1724-1759 (Volume 18/19)

Note 3 — TABLE DES MATIÈRES

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Note 3: La femme agioteuse ne date pas de la Régence. Avant la Tencin, la Chaumont, déjà madame de Verrue agiote sous Louis XIV. Au fond, c'était un homme, et fort émancipé, ayant su, vu, enduré tout. Née de Luynes, au dévot Versailles, mariée dans le dévot Picinont, elle vit bien le dessous des cartes. Son mari trouvait fort mauvais qu'elle ne voulût pas être maîtresse du duc de Savoie. Elle obéit, fut reine (et captive du tyran jaloux). Enfin, ennuyée, excédée, elle rentra au bien-aimé Paris, non pas dans l'ennui des de Luynes, mais dans une vie large d'affaires, de spéculations, de plaisirs. Elle devint un centre. Son hôtel était un musée. La première, elle osa admirer, acheter les Rubens, les Rembrandt (que méprisait tant le grand Roi). Elle sentit vivement la de Prie, un charmant César Borgia, effréné, intrépide, mais sans le froid, le faux des vrais scélérats italiens. Il ne fallait pas moins pour mordre sur M. le Duc, qui était bien usé, qui aimait peu les femmes, qui s'ennuyait déjà avec madame de Nesle. Alors, c'était la baisse. Mais la de Prie paraît, et la hausse est lancée (juillet 1720), le vertige, la furie, la trombe. Dès que M. le Duc possède ce magique diamant, la Fortune elle-même vient s'engouffrer dans Chantilly.—Lieu dangereux, charmé, et propre à faire des fous. Les Condés étaient tous bizarres. Et madame de Prie fut Condé. D'abord comme eux, avide. Puis féroce (pour eux contre Orléans). Enfin, mortellement libertine. Le tout à la romaine. Point bourgeoise (à la Pompadour). Point vulgaire (à la Du Barry).[Retour au texte principal.]

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