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Histoire de France 1724-1759 (Volume 18/19)

Note 2 — TABLE DES MATIÈRES

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Note 2: L'histoire de ces grands financiers, plus curieuse que celle des rois, est malheureusement bien difficile.—Leur patriarche, Samuel Bernard, a parfaitement réussi à dérober sa vie et les sources de sa fortune énorme. Homme agréable, très-discret, fils d'un peintre de cour, et nouveau converti en 1685 (V. Haag, France protest.), il vit très-froidement que la Révocation était une affaire. Ceux qui fuyaient ne savaient comment vendre, mais ils trouvèrent Bernard, intermédiaire des puissants acquéreurs; du peu qu'il leur donna, ils furent ravis, l'acclamèrent le Sauveur. Bernard se mit alors à sauver les armées avec ses prête-noms, les Pâris. Le plus miraculeux, c'est qu'il sauva sa caisse. Du naufrage de 1710, il émergea plus riche. Dès lors, dans un repos princier, n'agissant que sous main et par son bouillant Duverney, avec Crozat et autres, il mina le Système, fit le Visa pour n'être pas visé.—Il savait parfaitement la puissance de l'opinion. Chez son amie, madame de Fontaine-Martel, il accueillait et protégeait les brillants et hardis penseurs. Ce fut le salon de Voltaire, de même que ses filles ou parents (les Dupin, d'Épinay, Francœur, etc.) furent la société de Diderot, Rousseau, etc.—On connaît les Pâris un peu plus que Bernard. Leur histoire, celle de Pâris Duverney, a été esquissée par Luchet, Rochas et autres. Elle va nous être donnée, d'après des actes de famille, par le savant et consciencieux professeur de Grenoble, M. Macé. Quant à leur origine d'aubergistes des Alpes et aux services qu'ils rendirent en faisant passer l'armée, Saint-Simon date mal, mais, je crois, ne se trompe nullement sur le fond des faits.[Retour au texte principal.]

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