Note 21 — TABLE DES MATIÈRES
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Note 21: Mazarin continuait la guerre, mais la reine eût fort désiré s'arranger avec l'Espagne. Cela ressort des lettres inédites et fort amusantes d'un général des Capucins, Innocent de Calatagiron, qui se charge de rétablir la paix de l'Europe. Il explique lui-même avec beaucoup d'audace et de forfanterie comment il se glisse partout et fait la leçon aux reines et aux rois. Il s'adresse au duc d'Orléans, à sa fille Mademoiselle, aux dames d'honneur, etc. Il croit les avoir toutes remplies du saint désir de la vengeance de la religion en Allemagne et de la nécessité de la paix générale. Les moyens de cette paix sont peu pacifiques. Il en faut d'extraordinaires et de terribles, il faut exterminer ce qui n'est pas catholique. La reine Anne d'Autriche lui dit qu'elle ne demanderait pas mieux que de faire la paix et de se rapprocher des Espagnols. «Alors, mon caractère, mon habit, me firent tout oser;» je lui dis qu'il ne suffisait pas de le désirer, qu'il fallait le faire, l'ordonner à ses ministres,» etc. Ailleurs, la reine lui dit qu'elle a donné ses ordres à ses plénipotentiaires: «Je me mis alors à genoux pour rendre grâce au ciel. Elle s'agenouilla aussi et ne voulut se relever qu'après moi.»—Le Capucin croit alors avoir tout fait. Il finit fièrement en disant: «Ego plantavi.... Illustrissimus dominus Nuntius rigabit.»—Ce Capucin infatigable court et va partout, en Bretagne, à Bordeaux, en Espagne. La foule le suit, l'environne comme un messager de paix, l'étouffe presque: «C'est sans doute en punition de mes péchés, mais ils devinent toujours où je vais passer.» Ce concours de monde est chose incroyable, effrayante: c'est comme une insurrection. «Et il y en aura une, si on fait trop attendre la paix.» (E, 1035.) Extraits des Archives du Vatican, conservés à nos Archives de France, carton L, 386.[Retour au texte principal.]