Note 18 — TABLE DES MATIÈRES
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Note 18: Le mariage secret de la reine et de Mazarin n'est affirmé positivement que par la duchesse d'Orléans, mère du Régent. Cependant il me semble à peu près certain. La reine, déjà fort dévote, et de plus en plus, n'eût pas tellement montré sa passion si elle ne l'eût crue légitime. Elle l'affiche pendant la Fronde avec une assurance extraordinaire. Elle l'avoue dans ses lettres à Mazarin, absent, avec l'effusion toute charnelle d'une épouse entièrement asservie par l'exigence du tempérament (Ravenel, Lettres; Walckenaër, Sévigné, deuxième partie, p. 471; Cousin, Hautefort, p. 95, et 471-482. Voir aussi dans les Appendices de Saint-Simon, t. XII, édition de Chéruel).—Les Mémoires témoignent que Mazarin se conduisait avec elle, nullement avec les égards d'un amant, mais avec la rudesse d'un mari indélicat, brutal.—Reste à expliquer comment Mazarin, cardinal, a pu l'épouser. Mais il y a des exemples de princes cardinaux que Rome a décardinalisés, lorsqu'une nécessité politique les obligeait de se marier. Il est très-possible que l'attachement dévoué et fidèle de Mazarin pour les Barberini tînt au secret de cette dispense qu'ils lui avaient sans doute obtenue de leur oncle. Du reste, il n'est pas nécessaire d'être prêtre pour devenir cardinal. Mazarin, d'abord officier dans l'armée du pape, puis négociateur, était alors un abbate. Mais ce titre n'engage à rien en Italie. «Je ne pense pas qu'il y ait preuve que Mazarin ait jamais été prêtre. Je n'en trouve aucune trace.» Cette assertion est grave; elle est du savant et exact M. Chéruel, l'éditeur de Saint-Simon. Combien nous avons à regretter que sa grande publication des Lettres de Mazarin n'ait point paru encore![Retour au texte principal.]