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Histoire de France 1484-1515 (Volume 9/19)

Note 5 — INTRODUCTION

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Ceux qui priment dans cette commune devenue une ville muette, obscur petit trou de province, ce sont sans nul doute les hommes du roi, les gens de la justice royale et des finances royales, monsieur le lieutenant du bailli, du sénéchal, etc. Voilà les coqs de ce fumier, ceux qui marchent la tête haute et qui tiennent le haut du pavé, dans les boueuses petites rues. Tout se fera à leur exemple. Quel est l'esprit, quels sont les mœurs de cette bourgeoisie? Timides, honnêtes, répondent nos modernes historiens. Effrontées et débridées, répondent les vieilles histoires et les monuments juridiques. Consultez un de ceux-ci, cent fois plus riche et plus fécond que toutes nos gazettes des tribunaux: je parle des trois cents registres du Trésor des chartes, spécialement les lettres de grâce. Vous trouverez là les mœurs que les fabliaux indiquaient, et les Villon, et les Basselin, et les Régnier, et jusque sous Louis XIV, les curieux mémoires de Fléchier. Ces naïves archives de la bourgeoisie nous la montrent sans chemise, sans pudeur et par le dos. On y voit toute la bassesse d'une société fondée sur l'imitation fidèle de Patelin, de Grippeminaud, du procureur, du magistrat, qui le soir mange avec les filles les épices du matin et les profits de la potence. Madame, pendant ce temps, la présidente ou conseillère, l'élue, qui ne peut souffrir que les gens d'épée, ouvre la porte de derrière à son galant en plumet qu'elle paye et qui le matin conte sa nuit à tous les passants[5].

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