Note 205 — DEUXIÈME PARTIE Les peuples (continued 3)
Reading edition
C’est pourquoi les traditions soninké, en racontant cet événement, disent que ce fut un roi du Ouagadou qui, le premier des Nègres, remporta une victoire sur des Blancs. Je dois faire remarquer que beaucoup de traditions placent la dispersion des Soninké du Ouagadou au XIVe siècle seulement : cela vient de ce que la plupart des légendes transmises oralement ne conservent le souvenir que des événements principaux et les placent tous les uns à la suite des autres, dans un ordre chronologique exact, mais sans se préoccuper des périodes dépourvues d’histoire — quoique souvent très longues — qui se sont déroulées entre deux faits retenus par la tradition. C’est ainsi que, de la ruine du Ouagadou — qu’il faut assurément placer dès la fin du VIIIe siècle puisqu’elle précéda la conquête de Ghana par les Soninké et en fut l’occasion —, les légendes passent directement aux conquêtes de Soundiata (XIIIe siècle) et à la fondation de Nioro par des Peuls Diawambé (commencement du XIVe). — Le Dr Tautain, en relatant la légende du serpent, a cru pouvoir identifier le Ouagadou avec Ghana, sans d’ailleurs en donner les raisons : en réalité, l’histoire du serpent du Ouagadou fut simplement le point de départ de la main-mise des Soninké sur Ghana.