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Feuilles tombées

Note D — INTRODUCTION

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Ces quelques pages ne prétendent en aucune façon à étudier en son détail l’œuvre de Boylesve—qui au reste, du vivant de l’auteur et au lendemain de sa mort, a donné lieu à nombre d’excellents articles: parmi eux il convient d’isoler celui de Jean-Louis Vaudoyer: Près de René Boylesve (Hommage à Boylesve—Les Nouvelles Littéraires, 23 janvier 1926): en des dimensions que le cadre mesurait, avec ce bonheur d’expression qui est celui de J.-L. V., je ne sais rien sur Boylesve de plus finement, de plus tendrement exact.—Je tiens toutefois à marquer ici ma conviction qu’avec le recul cette œuvre apparaîtra la plus importante et la plus solide qu’ait produite le roman français entre Flaubert et Proust. J’ai parlé ailleurs de «la solidité à toute épreuve» des livres de Flaubert; or c’est par la solidité que valent avant tout ceux de Boylesve: dans un ouvrage littéraire, quel qu’il fût, il n’était rien qu’il estimât autant que la solidité, et c’est à cause d’elle qu’il était demeuré à Flaubert si fidèle. D’autre part, il y a en Boylesve des traces d’un pré-proustisme indéniable (dont il serait fort intéressant de repérer et de suivre les manifestations). Par où s’expliquent et sa résistance à Proust, et l’étendue de son abandon. Les ouvrages post-proustiens de Boylesve ne permettent pas de tout à fait apprécier ce qu’il aurait pu accomplir dans cette voie: comme il en va avec tous les artistes qui ont leurs biens en terres et non en argent liquide, les phases de transition étaient chez lui longues et difficultueuses. Telle que son œuvre nous parvient, je crois que l’avenir retiendra surtout à côté de certains des premiers livres: Mademoiselle Cloque, La Becquée, L’Enfant à la Balustrade,—témoignages français non moins probants que ces portraits de famille qu’Ingres exécutait à la mine de plomb—les deux romans intimes et les deux romans-somme de période médiane.

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