Note (retour) — DIX-HUITIÈME SIÈCLE (continued 6)
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Ceci n'est que l'application particulière de tout un système d'éducation morale dont Rousseau avait eu, longtemps avant l'Emile, l'idée confuse. Convaincu de la grande influence qu'ont les objets extérieurs sur nos humeurs, nos sentiments et nos idées, il avait eu je ne sais trop quel dessein d'instruire l'homme à se gouverner par l'extérieur. Ces choses qui nous dirigent, nous devions apprendre à les diriger elles-mêmes (comment? je le vois mal) de manière qu'en définitive elles nous gouvernassent pour notre bien. Je suppose, par exemple,—car je ne suis pas sûr de bien comprendre,—que l'hygiène bien entendue, une habitation bien exposée, des fréquentations honnêtes, des exercices physiques, etc., étaient ces choses extérieures dont nous dépendons, mais qui aussi dépendent de nous, que nous pouvons disposer, arranger, concerter de manière a nous assurer de leur bonne influence sur notre âme. Ainsi nous nous gouvernions par l'intermédiaire des choses qui nous gouvernent; nous prenions en dehors de nous le levier à nous mouvoir, et nous étions maîtres de nous indirectement. —Telle était cette «morale sensitive» ou ce «matérialisme du sage», idée ingénieuse et non sans justesse, dont Rousseau avait rêvé, et qui est restée en projet84..