Note (retour) — DIX-HUITIÈME SIÈCLE (continued 6)
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—Mais encore, à laisser l'enfant trouver seul toutes choses, on risque qu'il lui faille toute sa vie pour s'instruire, et plus d'une vie; car ce que sait l'humanité, elle a mis bien des siècles pour l'apprendre, et cet enfant qui s'instruit seul, c'est l'humanité qui recommence.—A ceci Rousseau répond par la seconde partie de son système. «L'éducation négative, c'est son premier point; son second point c'est ce que j'appellerai l'éducation positive indirecte. Le maître doit d'abord empêcher la société d'instruire l'enfant; il doit, ensuite, non pas enseigner, cela jamais, mais mettre l'enfant dans certaines conditions où il sera capable de s'instruire, bien disposé à s'instruire et excité à s'instruire.—Ce qui instruit, ce sont les choses, et les réflexions que l'homme fait sur elles: c'est le monde qui nous entoure et l'intelligence que peu à peu nous en acquérons. Le maître peut, pour abréger l'éducation personnelle, rapprocher les choses de l'enfant, et créer autour de lui un monde abrégé, arrangé, mais vrai. De là cette sorte de machination perpétuelle qu'on a tant remarquée dans l'Emile, et ces «coups de théâtre pédagogiques»83. qui y sont si multipliés. L'esprit romanesque de Rousseau s'y complaît, il est vrai; mais sa méthode aussi, sous peine d'être absolument vaine et sans aucun effet, les exige.