Note (retour) — DIX-HUITIÈME SIÈCLE (continued 6)
Reading edition
—Mais Montesquieu?—Nous y arrivons. Montesquieu a eu une très grande influence sur le Contrat social. Trop orgueilleux pour en convenir, Rousseau a commencé par railler durement Montesquieu. Il fait remarquer90 ce qui est vrai, mais va contre Rousseau plus que contre l'auteur de l'Esprit des Lois, que Montesquieu est plutôt un critique sociologue qu'un théoricien systématique: «... il n'eut garde de traiter des principes du droit politique; il se contenta de traiter du droit positif des gouvernements établis». Il plaisante un peu lourdement sur la théorie de la division des pouvoirs: «Nos politiques, ne pouvant diviser la souveraineté dans son principe, la divisent dans son objet: ils la divisent en force et en volonté, en puissance législative et en puissance exécutive.... Tantôt ils confondent toutes ces parties, et tantôt ils les séparent. Ils font du souverain un être fantastique et formé de pièces rapportées.... Les charlatans du Japon dépècent, dit-on, un enfant aux yeux des spectateurs; puis, jetant en l'air tous ses membres l'un après l'autre, ils font retomber l'enfant vivant et tout rassemblé91.» —Voilà qui est dédaigneux. Il n'en est pas moins qu'après avoir ainsi détourné le soupçon d'imitation ou d'emprunt, Rousseau profite de Montesquieu et ramène à son profit quelques-unes de ses idées;— et nous voilà ainsi conduits nous-mêmes à relever ce qu'il y a de libéralisme dans le Contrat social; car il y en a.