Note 178 — CHAPITRE XIV. RUSSIE.
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Les Raskolniky se divisent en deux grandes branches: les Popovstchina, ou ceux qui ont des prêtres, et les Bezpopovstchina, ou ceux qui n'en ont pas. Ils se subdivisent en un grand nombre de sectes, dont quelques-unes naquirent sous la pression des évènements que nous avons rapportés, tandis que d'autres, qui avaient une existence antérieure, furent comprises, à partir de ce moment, sous le nom général de Raskolniky. En ce qui concerne ceux de la première branche, ils se séparent encore en plusieurs nuances d'opinions, sur des points de peu d'importance, mais principalement sur les cérémonies extérieures. Ils se considèrent comme la véritable Église, victime de l'hérésie niconnienne, c'est-à-dire comme l'Église fondamentale, dont ils ne diffèrent pas du reste en doctrine, mais seulement par quelques rites extérieurs et par leur opiniâtreté à garder le texte incorrect des livres sacrés. Ils considèrent aussi comme un grand péché de se couper la barbe, opinion partagée autrefois par l'Église constituée, et fondée sur ce qu'un article du Stoglav (canons du concile tenu à Moscou en 1551), déclare que se raser est un péché que même le sang des martyrs ne saurait laver; et, en conséquence, celui qui se dépouille de sa barbe est un ennemi de Dieu, qui nous a créé à son image. L'argument le plus péremptoire des partisans du menton rasé contre la doctrine qui proclame irrémissible l'altération des traits divins de la créature par l'ablation de la barbe, c'est que la femme, dépourvue de cet ornement, est aussi créée à l'image de Dieu. Les défenseurs de la barbe, forcés dans leurs retranchements par cet argument, s'appuient sur le passage suivant du Lévitique XIX et XXVII: «Vous ne tondrez point en rond les coins de votre tête et vous ne gâterez point les cornes de votre barbe[178].»