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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 175 — CHAPITRE XIV. RUSSIE.

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Il a déjà été question de l'Union de l'Église grecque de Pologne avec Rome, et des conséquences qu'elle produisit. Le démembrement du territoire polonais fit tomber sous la domination russe la majeure partie des habitants appartenant à cette Église. On essaya par tous les moyens, sous le règne de Catherine, de pousser ses sectaires dans le giron de celle de Russie; mais ces tentatives n'eurent qu'un succès partiel et cessèrent tout-à-fait sous le règne de l'empereur Alexandre. En 1839, plusieurs évêques de l'Église ci-dessus mentionnée, formulèrent, à l'instigation du gouvernement russe, le vœu d'une séparation d'avec Rome et d'une réunion à l'Église nationale de Russie. Cette déclaration fut suivie d'un oukaze ordonnant à toutes Églises unies de suivre l'exemple de leurs évêques. Les mesures les plus coërcitives furent mises en usage pour effectuer une conversion générale. Un grand nombre d'ecclésiastiques qui refusèrent de prendre l'oukaze impérial pour règle de leur conscience, furent punis de leur désobéissance par la déportation en Sibérie, l'emprisonnement, etc. Pour colorer cette conversion forcée, on allégua que ces populations avaient appartenu primitivement à l'Église d'Orient, et devaient, en conséquence, rentrer au bercail; principe d'une admirable logique, en vertu duquel les habitants des Îles Britanniques pourraient, avec autant de justice, se voir repoussés dans le giron de l'Église catholique, ou même ramenés à la religion des druides et au culte d'Odin. Cette persécution a dédommagé Rome de la perte de la population arrachée du sein de son Église, en soulevant en sa faveur tout l'intérêt qui s'attache d'ordinaire à un parti opprimé, et en ranimant le zèle de beaucoup de ses sectateurs[175].

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