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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 174 — CHAPITRE XIV. RUSSIE.

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L'empire de Vladimir, connu sous le nom de Russie, s'étendait des rivages de la Baltique à la mer Noire, des bords du Volga et du pied du Caucase au sommet des Carpathes et aux rives du Bug et du San. Cet empire se composait de diverses populations d'origine slave, et, au Nord, de plusieurs tribus finoises, toutes également comprises sous la dénomination générale de Russes, mais de mœurs bien différentes, et réunies, en l'absence de tout système régulier de gouvernement, par le lien commun d'une souveraineté dont la prérogative consistait uniquement à prélever sur elles un certain tribut, qui se payait le plus souvent quand le souverain ou ses délégués se trouvaient en mesure de le réclamer à main armée. Les relations fréquentes de Constantinople avec Kioff contribuèrent beaucoup, non-seulement à convertir la capitale de ce nouvel empire au Christianisme, mais encore à le façonner à la civilisation byzantine, aux arts et au luxe, qui furent probablement importés de la Grèce, même avant les dogmes de la Religion chrétienne. L'annaliste allemand, Ditmar de Mersebourg, à qui une description de la ville de Kioff fut faite par quelques-uns de ses compatriotes, qui l'avaient visitée avec l'expédition de Boleslav Ier, roi de Pologne, en 1018, l'appelle la rivale de Constantinople, à cause du grand nombre d'églises, de marchés, d'édifices publics et de la quantité de richesses qu'elle renfermait. Il ajoute que beaucoup de Grecs y étaient établis. Vladimir mourut en 1015, et partagea son empire entre ses douze fils, qui devaient tenir leurs gouvernements sous la suzeraineté de l'aîné, résidant à Kioff avec le titre de grand-duc de Russie.—Ce partage de la Russie entre tant de gouvernements remis à des princes du sang, entraîna les suites les plus funestes après la mort de Vladimir, jusqu'à ce que l'un de ses fils, Yaroslav, eût réuni sous son sceptre tous les États paternels. Ce monarque, doué d'une intelligence élevée, aida puissamment aux progrès du Christianisme et de la civilisation dans son empire. Il fit élever un grand nombre d'églises et de couvents par des architectes de Byzance, fonda de nouvelles villes, ouvrit des écoles, attira dans ses États des ecclésiastiques grecs, des savants, des artistes, et fit traduire beaucoup d'ouvrages du grec en langue slave. Son zèle pour la religion chrétienne ne l'empêcha cependant pas d'imiter les entreprises de ses ancêtres payens contre Constantinople. Sous prétexte de mauvais traitements subis par quelques-uns de ses sujets dans la ville impériale, il déclara la guerre à Constantin Monomaque, et leva, en 1043, une armée considérable qui s'avança le long des rivages de la mer Noire, soutenue par une flotte imposante. La flotte russe parvint à l'embouchure du Bosphore; après un combat long-temps incertain, elle succomba en partie sous les ravages du feu grégeois et dut profiter d'un vent propice pour sauver ses débris. L'expédition de terre atteignit Varna; mais, privée de l'appui de la flotte, elle fut accablée par le nombre, après une résistance désespérée, sans qu'un seul homme cherchât son salut dans la fuite[174].

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