Note 146 — CHAPITRE X. POLOGNE. (Suite.)
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Telle était la situation de l'Église grecque en Pologne, lorsque les Jésuites entreprirent de soumettre ce pays à la suprématie de Rome. Ils publièrent d'abord de nombreux écrits en faveur de l'union de Florence, et cherchèrent à gagner à leur cause les membres les plus influents du clergé grec, en leur faisant espérer que leurs évêques auraient place au sénat, à côté des évêques de l'Église catholique. Ils n'essayèrent pas de convertir les élèves appartenant à l'Église grecque, qui fréquentaient leurs écoles; ils s'appliquèrent seulement à leur faire partager leurs idées, relativement à l'Union avec Rome, espérant que, ce premier pas fait, ils pourraient, plus tard, arriver facilement à leurs fins. Les Jésuites ont été souvent accusés de prendre, en quelque sorte, le masque d'une religion opposée à la leur, dans le seul but de la détruire; cette tactique n'a jamais été aussi manifeste que dans les incidents qui se rapportent à l'histoire de l'Église de Pologne. Le personnage choisi par les Jésuites pour jouer le principal rôle dans cette triste comédie fut un noble lithuanien, Michel Rahoza, qui avait été élevé dans leurs écoles et qu'ils parvinrent à faire nommer archevêque de Kioff par le roi Sigismond III. Cette nomination était contraire à l'usage établi; l'archevêque devait être nommé par les nobles de son Église, et confirmé seulement par le roi. Rahoza obéissait aveuglément aux Jésuites, qui lui adressèrent une instruction écrite sur les moyens de détruire le parti hostile à l'Église de Rome, tout en paraissant être attaché à ce même parti. Ce document remarquable, qui jette un grand jour sur la politique des Jésuites, a été imprimé dans l'ouvrage de Lukaszewicz; je crois devoir, dans la note ci-dessous[146], en donner la traduction littérale en conservant les expressions latines qui s'y trouvent mêlées au polonais. C'est assurément une pièce diplomatique des plus curieuses; on y exalte le zèle et les talents du prélat; on fait briller à ses yeux la perspective des plus hautes dignités, et on lui enseigne un système de mensonge et de fraude qui doit le conduire au succès.