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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 136 — CHAPITRE X. POLOGNE. (Suite.)

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Bien que son autorité fût limitée, à certains égards, le roi avait conservé, pour la distribution des honneurs et des richesses, des prérogatives beaucoup plus étendues que celles des autres souverains de l'Europe[136], et il se fit une règle de n'admettre à ses faveurs que les Catholiques romains, et plus particulièrement les prosélytes que l'intérêt, plutôt que la raison, avait convertis. L'influence que les Jésuites exerçaient sur ce prince, était sans limite. Sigismond se glorifiait du titre de roi des Jésuites, et, par le fait, il n'était qu'un instrument docile aux mains des disciples de Loyola, dont le patronage était nécessaire pour obtenir tous les bénéfices, et qui exigeaient de leurs protégés un dévouement complet non-seulement à la cause de Rome, mais encore aux intérêts de leur ordre. En conséquence, les principales dignités de l'État et les riches domaines de la couronne n'étaient plus le prix de services rendus au pays; on ne les obtenait qu'en faisant profession de Romanisme, et ils étaient employés à doter les Jésuites. Aussi les richesses de cet ordre s'accrurent si rapidement, qu'en 1607 ils possédaient 400,000 dollars de revenu (environ 2,500,000 francs), somme énorme à cette époque. Les Jésuites fondèrent partout des colléges; ils possédaient cinquante écoles où étaient instruits la plupart des enfants de la noblesse: c'était là le but principal de leur ambition, car ils voulaient surtout s'emparer de l'éducation nationale et établir ainsi leur influence, ou plutôt leur domination, sur le pays.

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