Note 123 — CHAPITRE VIII. POLOGNE. (Suite.)
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Stanislas Hosen (en latin Hosius) naquit à Cracovie, en 1504, d'une famille allemande enrichie par le commerce. Il fut élevé en Pologne; mais il compléta ses études à Padoue, où il se lia intimement avec le célèbre prélat anglais Reginald de la Pole (cardinal Polus). De Padoue il se rendit à Bologne, où il prit le grade de docteur en droit sous la direction de Buoncompagni, qui plus tard devint pape sous le nom de Grégoire XIII. Revenu en Pologne, il fut recommandé par l'évêque de Cracovie, Tomiçki, à la reine Bona Sforza, qui lui procura un avancement rapide. Le roi Sigismond Ier lui confia les affaires de la Prusse polonaise et le nomma chanoine de Cracovie. Hosius se distingua bientôt par son hostilité contre les Protestants; toutefois, il ne les combattit pas d'abord directement, imitant, selon l'expression de son biographe (Rescius), «la prudence du serpent», il les fit attaquer par d'autres prédicateurs. Il fut appelé à l'évêché de Culm, et s'acquitta avec talent de missions importantes auprès de l'empereur Charles-Quint et de son frère Ferdinand. Devenu évêque d'Ermeland, et, par conséquent, chef de l'Église dans la Prusse polonaise, il opposa vainement son influence aux progrès de la Réforme de Luther, à laquelle se convertirent rapidement la plupart des habitants. Son activité tenait du prodige; il dictait à la fois à plusieurs secrétaires; pendant ses repas, il traitait souvent les affaires les plus difficiles, expédiait sa correspondance ou écoutait la lecture de quelque livre nouveau; il se mettait ainsi au courant de tous les évènements de son époque, et de toutes les opinions exprimées par les réformateurs qu'il combattait. Il s'adressait continuellement au roi, aux nobles, au clergé; il assistait aux diètes, aux réunions provinciales, aux synodes, aux chapitres, etc., et en même temps il composait une foule d'ouvrages qui l'ont élevé au rang des premiers écrivains de son Église, et qui ont été traduits dans les principales langues de l'Europe[123]. Il écrivait avec une égale habileté en latin, en polonais et en allemand, et il savait adapter son style au caractère de ses lecteurs. Ainsi, ses ouvrages latins nous montrent le théologien profond, érudit et subtil; en allemand, il imite avec succès la vigueur et la rudesse du style de Luther, et en polonais il prend une forme légère, presque plaisante, et conforme au goût et au caractère de ses concitoyens. Hosius étudiait particulièrement la polémique des écrivains appartenant aux différentes Confessions protestantes, et il sut merveilleusement tirer parti de leurs arguments contradictoires. Il ne se faisait aucun scrupule de conseiller la répression la plus violente contre les hérétiques, et, sur ce point, il professa ouvertement ses principes dans une lettre qu'il adressait au cardinal de Lorraine (Guise) pour le féliciter du meurtre de Coligny, et pour remercier Dieu du massacre de la Saint-Barthélemy. Il n'hésitait pas à déclarer que ces nouvelles l'avaient rempli de joie et qu'il invoquait en faveur de la Pologne un semblable bienfait[124].