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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 121 — CHAPITRE VIII. POLOGNE. (Suite.)

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Lors du Consensus de Sandomir, c'est-à-dire en 1570, le Protestantisme était à l'apogée de sa prospérité. On ne saurait dire exactement quel était le nombre de ses temples. Le Jésuite Skarga, qui vivait à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe, affirme que les Protestants prirent aux Catholiques environ deux mille églises. Les principales familles de Pologne avaient embrassé le Protestantisme, qu'elles abandonnèrent ensuite en partie, dégoûtées par les divisions de sectes et épouvantées par les idées anti-trinitaires[121]. Elles avaient créé des écoles ainsi que des imprimeries, d'où sortirent non-seulement des écrits de polémique, mais encore des œuvres de littérature et de science. La Réforme imprima, en effet, à toute la nation, un mouvement intellectuel dont les résultats furent considérables. L'arme la plus puissante dont les Protestants de Pologne firent usage pour attaquer le Papisme, fut la Bible elle-même, traduite et commentée en langue nationale. De leur côté, les Catholiques se défendirent vigoureusement, et ces controverses perpétuelles obligèrent les deux adversaires à se livrer à de fortes études. La connaissance du latin était déjà très répandue, on y joignit celle de l'hébreu et du grec. Les traductions de la Bible, publiées par les Protestants aussi bien que par les Catholiques, sont des modèles de pureté et d'élégance; elles vont de pair avec les autres produits du XVIe siècle, qui fut pour la Pologne le siècle d'Auguste, et les écrivains de nos jours les relisent avec fruit.

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