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Essai sur l'Histoire Religieuse des Nations Slaves

Note 104 — CHAPITRE VI. POLOGNE.

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Le clergé, pour lequel Orzechowski était surtout dangereux à cause de l'ascendant que la violence de son langage lui donnait sur les masses populaires, désirait vivement le réduire au silence pour le convertir ensuite à la cause de l'Église catholique. La mort de la femme d'Orzechowski fit disparaître le plus grand obstacle qui s'opposât à sa réconciliation avec Rome. Le Réformiste de la veille se soumit alors à la loi de l'Église qui pouvait récompenser généreusement ses services. Il attaqua les Protestants avec une vivacité égale à celle qu'il avait déployée contre Rome[104]. Il défendit la suprématie du pape sur tous les souverains de la chrétienté, et soutint cette cause avec plus d'audace et de vigueur qu'on ne l'avait jamais fait[105]. Les doctrines qu'il développa dans la véhémence de sa passion, présentent d'autant plus d'intérêt qu'elles peuvent être considérées comme l'exposé fidèle des principes qui auraient gouverné le monde si l'Église romaine avait triomphé. Il ne fit en définitive que proclamer les opinions de cette Église, et le cardinal Hosius donna son approbation complète à toutes ses propositions. Mais pourquoi remonter au XVIe siècle? La doctrine qui reconnaît la suprématie du pape sur les rois n'a-t-elle pas été défendue de nos jours, comme elle le fut par Orzechowski, et avec un style beaucoup plus remarquable, par des écrivains de premier mérite, tels que le comte de Maistre, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg, et par l'abbé de Lamennais? Ce dernier, il est vrai, après avoir défendu le despotisme politique et spirituel, est passé à l'autre extrême avec une versatilité semblable à celle d'Orzechowski, sinon par les mêmes motifs d'intérêt personnel.

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