Note 102 — CHAPITRE VI. POLOGNE.
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Orzechowski naquit en 1513 dans le palatinat ou province de Russie-Rouge ou Ruthénie (aujourd'hui la Galicie-Orientale). Il étudia dans les Universités allemandes, et, pendant son séjour à Wittemberg, il était le favori de Luther et de Melanchton. Il visita ensuite Rome et revint dans son pays en 1543, complètement gagné à la cause de la Réforme. Mais, jugeant que cette dernière ne pouvait rien pour lui, tandis que l'Église romaine disposait des honneurs et des richesses, il prit les ordres et fut promu à la dignité de chanoine. Il ne tarda pas cependant à exprimer ses véritables opinions et il se maria publiquement. Excommunié et condamné aux châtiments les plus sévères, il fut si vigoureusement assisté par l'influence de ses amis, que personne n'osa mettre à exécution le jugement rendu contre lui. Ses écrits et ses discours dans de nombreuses réunions eurent une grande part à l'affermissement de la liberté religieuse, reconnue par la loi de 1552. Avant cette date, Orzechowski s'était réconcilié avec Rome; relevé de l'excommunication, il avait invoqué la décision du pape au sujet de son mariage, dont on lui avait promis la confirmation; car les évêques voulaient à toute force enlever au parti de la Réforme un écrivain aussi puissant. Cependant le pape ajournait son jugement. Il n'osait pas autoriser un précédent aussi dangereux; en outre, Orzechowski venait de perdre, par sa versatilité, l'influence extraordinaire qu'il avait exercée sur le peuple, et il ne passait plus pour un adversaire très redoutable. Orzechowski vit bien que Rome se jouait de lui et il recommença ses attaques plus vivement que jamais[102]. Ses œuvres furent mises à l'index, et on le dénonça comme un serviteur de Satan. Violemment excité par la persécution, il redoubla d'invectives contre le pape Paul IV, et dans un écrit adressé au roi, il fit observer qu'un évêque catholique investi de la dignité de sénateur, était nécessairement traître à son pays, attendu qu'il était obligé de sacrifier les intérêts de son souverain à ceux du pape,—ayant prêté serment d'abord au pape, puis au roi[103].