Note 98 — CHAPITRE VI. POLOGNE.
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Il était, cependant, plus aisé de voter toutes ces mesures que de les exécuter, dans un pays où la liberté des citoyens était si solidement établie. Il y eut bien quelques persécutions sanglantes, accomplies dans l'ombre d'un couvent ou d'un donjon; mais les premières attaques dirigées contre la Réforme produisirent un effet diamétralement opposé à celui que l'on attendait. Stadniçki, noble influent, introduisit dans ses domaines de Dobieçko[98], le culte de la Confession de Genève. Cité à comparaître devant l'évêque de son diocèse, il offrit de justifier ses opinions religieuses; le tribunal repoussa cette proposition et le condamna, par défaut, à la mort civile et à la perte de ses biens. Stadniçki dénonça cet acte, en termes très violents, à une assemblée des nobles, qui virent avec effroi les tendances de l'Église et l'avènement d'une autorité nouvelle plus menaçante pour eux que l'autorité royale. Les nobles polonais furent saisis d'horreur à la pensée qu'ils deviendraient les sujets d'une corporation qui, sous la direction d'un chef étranger et non responsable, disposerait de la vie, de la propriété, de l'honneur des citoyens, et le cri d'alarme poussé par le Protestant Stadniçki, trouva de l'écho dans toute la Pologne, même parmi les nobles qui demeuraient attachés à la foi romaine. De là une indignation universelle contre le clergé, dont les prétentions fournirent le texte presque exclusif des débats qui eurent lieu lors des élections de 1552[99]. Le pays tout entier enjoignit à ses députés, dans les termes les plus énergiques, de restreindre l'autorité des évêques.