Note 53 — CHAPITRE III. BOHÊME. (Suite).
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Les progrès du Hussitisme, quoiqu'il se fût répandu dans toutes les classes de la Bohême, trouvèrent une vive résistance dans les catholiques romains. Ceux-ci formaient une minorité puissante, qui embrassait tout le haut clergé, la plus grande partie du clergé inférieur, les couvents et les monastères, beaucoup de nobles et de riches bourgeois, surtout d'origine allemande. Le parti possesseur de richesses aussi grandes et d'une influence aussi considérable, était bien organisé, et s'appuyait sur Rome et sur l'empereur Sigismond qui s'était déclaré contre les Hussites. Les Hussites étaient les plus nombreux, et comprenaient la plus grande partie de la nation. De leur côté se rangeaient beaucoup de nobles et de bourgeois, et presque tous les paysans. C'est cette classe, au cœur et à l'esprit simple, capable de plus de dévouement et d'ardeur pour la cause qu'elle embrasse que les habitants plus raffinés des villes, qui fait la force d'un parti et le rend vraiment national. Il leur fallait un chef capable de diriger par ses actes le mouvement que Jean Huss avait préparé par sa parole. Ce chef fut Jean Trocznowski, plus connu en Europe sous son sobriquet de Ziska[53]: l'histoire moderne n'offre peut-être pas un autre exemple de talents aussi extraordinaires et d'une énergie aussi sauvage.