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Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, tome 2 (de 2)

CHAPITRE XIII (continued 2)

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Diawé, mon premier domestique, avait quitté Dogofili, son village, y laissant une jeune fille qu’il devait épouser. Ce brave garçon songeait continuellement à s’en retourner, mais par délicatesse il n’osait m’en parler, ayant pris l’engagement de m’accompagner jusqu’à la fin de la campagne. Désirant le récompenser pour le dévouement dont il avait fait preuve pendant toute la durée de nos pérégrinations, une fois arrivés à Kong je lui offris de s’en retourner vers Bammako avec les deux hommes chargés du courrier. Il refusa et ne consentit à me quitter que sûr de me voir en bonne route, de sorte qu’il m’accompagna jusqu’à la frontière des États de Djimini. Là, il fit retour avec Bafotigué, dont le frère devait, sur les instructions de Karamokho-oulé, nous accompagner jusqu’à Ouandarama et nous remettre entre les mains de Péminian.

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Le 16 mars dernier, une dépêche adressée au sous-secrétaire d’État aux colonies m’apprenait la mort de M. Treich-Laplène, le courageux jeune homme qui s’était offert pour aller du golfe de Guinée au-devant de moi.

M. Treich-Laplène était revenu épuisé par les émotions et les fatigues qu’il avait eu à supporter pendant ce trajet de sept mois. Hélas ! le courage et l’audace ne sont pas seuls nécessaires dans ces contrées : il faut un tempérament de fer pour résister aux privations et au reste.

A peine rentré en France, le Gouvernement, confiant dans le tact et l’énergie de Treich, le renvoya à la côte avec mission d’organiser administrativement notre nouvelle colonie de Grand-Bassam. C’est dans l’accomplissement de cette mission que la mort est venue nous le ravir.

Ayant souffert avec lui et partagé ses peines pendant plusieurs mois, j’ai été à même d’apprécier tout ce que son caractère renfermait de généreux, de désintéressé : il ne connaissait que le devoir. Dans les deux dernières lettres que Treich a écrites à sa mère, il se sent malade, mais ne veut à aucun prix abandonner son poste : « Ma présence est nécessaire ici, dit-il : je ne quitterai qu’à la dernière extrémité ».

J’avais beaucoup d’affection et d’estime pour Treich ; la nouvelle de sa mort a été bien pénible et bien douloureuse pour moi. J’avais pour lui la plus profonde amitié, celle qui est basée sur des souffrances communes, et je l’estimais infiniment.

Treich était un vaillant, un patriote et, par-dessus tout, un modeste. Si sa mère pleure aujourd’hui, à l’amertume de ses larmes doit se mêler un consolant souvenir de légitime fierté, celui que son fils est estimé et regretté par tous ceux qui l’ont approché, et que sa belle conduite et le vaillant patriotisme dont il était animé ne l’ont jamais écarté du sillon du devoir.

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