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Douze ans de séjour dans la Haute-Éthiopie

Note (retour) — CHAPITRE VII

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Les fusiliers, malgré la mauvaise qualité de leurs armes et le manque de discipline, constituent la principale force des armées. Les Égyptiens et les Turcs interdisent l'introduction des armes à feu par le Sennaar et Moussawa; la contrebande y supplée par Moussawa, mais d'une façon languissante, et les chefs du Tegraïe tâchent d'en profiter, à l'exclusion des autres provinces, ce qui fait qu'à l'inverse des chevaux, les armes à feu sont plus rares à mesure qu'on avance à l'Ouest du Takkazé. À l'époque où je me trouvais dans le pays, les deux armées les plus nombreuses étaient celle du Ras Ali et celle du Dedjadj Oubié. Ce dernier tenait tout le pays situé entre Gondar et la mer Rouge; on estimait à seize mille les fusils de son armée, et l'on croyait qu'il en avait environ douze mille en dépôt, tant dans ses monts-forts du Samen, que dans quelques villes d'asile. Malgré son industrie, il n'avait pas pu réunir, assurait-on, plus de onze mille cavaliers; on évaluait ses rondeliers à plus de quarante mille. L'armée du Ras Ali, quoique plus nombreuse, comptait à peine quatre mille fusiliers; mais on estimait à trente-cinq mille le nombre de ses cavaliers15, et ses rondeliers à plus de quatre-vingt mille.

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