Note 15 — CHAPITRE VII
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Note 15: (retour) Ces chiffres ne représentent que des appréciations; on sait déjà que les indigènes ne tiennent pas un compte exact du nombre de leurs troupes, lorsqu'elles dépassent certaines proportions. Je n'ai point vu ces deux armées réunies, mais j'ai parcouru les terrains occupés par leurs campements; j'ai pris les évaluations, admises par tous, du nombre de troupes que chacun des grands vassaux conduisait ordinairement au secours de son suzerain; enfin j'ai pris celles des chefs les plus à même de juger de la vérité, et je me suis arrêté à des chiffres bien inférieurs à tous ceux qui m'étaient ainsi fournis. J'ai tenu compte également de cette circonstance que tel grand vassal qui pourra, dans sa province, mettre en ligne 14 ou 20,000 hommes, par exemple, ne marchera quelquefois au secours de son suzerain qu'avec 8 ou 12,000 hommes, si la guerre est impopulaire, si la campagne s'annonce comme devant être longue ou funeste, ou si le vassal lui-même est incertain dans son obéissance. Depuis que le D. Oubié avait dépossédé la famille Sabagadis et que toutes les provinces de Tegraïe lui étaient soumises, il était à peu près assuré de pouvoir réunir en douze ou quatorze jours une armée au moins aussi nombreuse que celle que nous lui avons attribuée. Il n'en était pas de même du Ras Ali, que ses États moins compacts, et ses grands vassaux plus belliqueux et plus indépendants exposaient à des refus fréquents ou même à des actes de rébellion ouverte. De plus, le Gojam dont il réclamait la suzeraineté ne se trouve point compris dans l'évaluation de son armée, qui, d'après les renseignements toujours vagues, n'aurait guère dû être inférieure à 140,000 hommes, si ses vassaux et arrière-vassaux fussent accourus à son ban.