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Douze ans de séjour dans la Haute-Éthiopie

Note 14 — CHAPITRE VII

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Note 14: (retour) Ipsa était le nom du cheval de guerre de Zaoudé et signifie lumière en langue ilmorma ou galla.

Tout cavalier éthiopien, soit de race chrétienne, soit de race ilmorma, adopte un nom pour son premier cheval de combat, et ce nom, qui passe à tous les chevaux de combat qu'il aura par la suite, sert à le désigner lui-même. Chez les Tegraïens et chez les Gallas surtout, il est messéant d'appeler un homme par son nom patronymique; on l'appelle en le désignant comme le père de son fils aîné ou de son cheval de combat. Ainsi quelqu'un voulant parler de Zaoudé ou l'interpeller, l'aurait fait en l'appelant père de Guoscho, ou bien père d'Ipsa. Dans son bardit ou thème de guerre, chaque guerrier se désignera lui-même d'après cet usage, ou si son père a eu quelque notoriété militaire, il se désignera encore au moyen du nom qu'on pourrait appeler chevaleresque de son père, comme dans cette exclamation de Dedjadj Guoscho: «Oh! moi, fils du père d'Ipsa!»

Comme on l'a vu au sujet de l'autorité des Atsés, les Éthiopiens ne séparent pas l'idée d'autorité de l'idée de paternité. Ils traitent de père l'homme qui a une autorité sur eux, et ils se disent ses fils. De plus, le mot père exprime pour eux l'idée de propriété, et, pour s'informer à qui appartient tel champ ou telle toge, ils demanderont quel est père de ce champ ou de cette toge. Père d'Ipsa veut donc dire maître, propriétaire d'Ipsa. C'est une conception digne de remarque, que celle d'un peuple qui réunit ainsi, sous un seul vocable, les trois idées fondamentales de toute société: l'autorité, la paternité et la propriété.

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