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Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 3 - (C suite)

Note 155 — L'ARCHITECTURE (continued 3)

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Note 155:

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Notre vieux poëte, Charles de Sainte-Marthe, né en 1542, mort en 1555, écrivait, dans ses

Conseils aux poëtes

, pendant que l'on bâtissait Chambord, ces vers pleins de sens, et qui font connaître quelle était alors la manie des beaux-esprits en France de ne rien trouver de bon que ce qui venait d'Italie:

«Ne veulx-tu donq, ô François, y entendre? Ne veulx-tu donq virilement contendre Contre quelcuns barbares estrangiers Qui les François disent estre légiers? D'où prennent-ils d'ainsi parler audace? C'est seulement à la mauvaise grace Que nous avons des nostres dépriser Et sans propos les aultres tant priser. Qu'a l'Italie ou toute l'Allemaigne, La Grèce, Escosse, Angleterre ou Espaigne Plus que la France? Est-ce point de tous biens? Est-ce qu'ils ont aux arts plus de moyens? Ou leurs esprits plus aiguz que les nostres? Ou bien qu'ils sont plus savants que nous aultres? Tant s'en fauldra que leur veuillons céder Que nous dirons plus tost les excéder. Un seul cas ont (et cela nous fait honte), C'est que des leurs ils tiennent un grand compte, Et par amour sont ensemble conjoincts, Mais nous, François, au contraire, disjoincts. Car nous avons à écrire invectives. ...

C'est quelque maître des oeuvres français, quelque Claude ou Blaise de Tours ou de Blois, qui aura bâti Chambord; et si le Primatice y a mis quelque chose, il n'y paraît guère. Mais avoir à la cour un artiste étranger, en faire une façon de surintendant des bâtiments, le combler de pensions, cela avait meilleur air que d'employer Claude ou Blaise, natif de Tours ou de Blois, bonhomme qui était sur son chantier pendant que le peintre et architecte italien expliquait les plans du bonhomme aux seigneurs de la cour émerveillés. Nos lecteurs voudront bien nous pardonner cette sortie à propos du Primatice; mais nous ne voyons en cet homme qu'un artiste médiocre qui, ne pouvant faire ses affaires en Italie, où se trouvaient alors cent architectes et peintres supérieurs à lui, était venu en France pour emprunter une gloire appartenant à des hommes modestes, de bons praticiens dont le seul tort était d'être né dans notre pays et de s'appeler Jean ou Pierre.

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