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Dictionnaire érotique moderne

DICTIONNAIRE EROTIQUE (continued 6)

Reading edition

Lemercier de Neuville.

Soupe et le bœuf (La) ou le bouilli. L’ordinaire conjugal:—les mêmes bonjours, les mêmes bonsoirs, les mêmes coups tirés par le même homme,—avec la même femme.

Parce qu’enfin, voyez-vous, du nectar et de l’ambroisie, c’est toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon, Flore, etc..., tout ça est bel et bon; mais c’est toujours la soupe et le bouilli; tandis qu’il y a là-bas, chez le papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous ravigoteront.

Émile Debraux.

Sous le linge. A nu, sans chemise.

Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.

La Popelinière.

Souteneur. Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con.—Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire cornette. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine; mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris: il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.

J’ suis le roi des souteneurs! Je connais la savate! Au billard, faut m’ voir, j’épate Les vrais amateurs.

Lemercier de Neuville.

Soutenir le choc. Se dit en parlant d’une femme que l’on baise, et à qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.

Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un entretien très vif avec une nonne charmante.

Louvet.

Sperme. Graine d’enfants que l’on sème (σπειρω) dans le ventre de la femme,—terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la qualité de la semence, ou la vertu du semoir.

Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud et trouble de sperme vénérique.

Brantôme.

Le sperme n’est pas l’or potable Qui vous nourrit au lieu de pain; Durant que votre con tient table Votre ventre crie à la faim.

Théophile.

La bonne Alix, curieuse, s’avance, Voyant jaillir ce sperme merveilleux.

Piron.

Et lorsque du plaisir est arrivé le terme, Dans ma bouche je sais encor garder le sperme.

L. Protat.

Succube. Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.

Succubes. On appelle ainsi les patientes dans les combats amoureux de femmes à femmes. Confession de Mademoiselle Sapho, suite du Cadran des plaisirs de la Cour, p. 257.

Quand il consommait son Kabyle, On entendait sous le gourbi Au milieu de la nuit tranquille, Le succube pousser ce cri...

Al. Pothey.

Sucer. Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection, et le faire décharger.

Que les chiens sont heureux! Ils se sucent la pine, Ils s’enculent entre eux!

Th. Gautier.

Je voudrais être chien Car du soir au matin Je pourrais me sucer la pine.

Dumoulin.

Cependant, en suçant, il est bon que la main Joue autour des roustons un air de clavecin.

L. Protat.

Sucer le clitoris. Gamahucher.

Il te faut, à tout prix, Sucer des clitoris, Et si l’antiquité Ne l’eût pas fait, tu l’aurais inventé.

J. Duflot.

Sucer un homme. Lui passer habilement et doucement la langue le long du membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.

Pourtant il leur manque, en somme (Ce qui vaut bien un écu), De savoir sucer un homme.

De la Fizelière.

Suceuse. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans peur. C’est la fellatrice des anciens.—La suceuse rend à l’homme le service que le gamahucheur rend à la femme, et dans les deux cas, c’est la langue qui fout.—Il y a à Paris, dans le faubourg Montmartre, une maîtresse suceuse, appelée la Pompe funèbre,—de l’ameublement d’ébène et de soie noire de son appartement.

Suçon. Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon à l’empêcher, pendant quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît parfaitement ce petit timbre bien accusateur.

Sucre (pour suc, probablement). Le sperme de l’homme, dont les femmes sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.

Trouvant mon linceul tout souillé, Et mon pauvre vit barbouillé De sucre plus blanc que l’albâtre.

(Cabinet satyrique.)

Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?

D’Ouville.

Sucre d’orge (Le). Le membre viril—que les filles d’Eve, toujours portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.

George, George, Donne-moi de ton sucre d’orge.

(Ancienne chanson.)

Suffire à soi-même (Se). Faire de la prestidigitation à son profit—et en l’honneur d’Onan.

J’étais dans l’âge où la nature Eveille nos sens au plaisir... Quand à propos un abbé pâle et blême, Trois fois par jour répétant la leçon, M’apprit l’ moyen de m’ suffire à moi-même: J’ai, mes amis, toujours été cochon.

(Parnasse satyrique.)

Superlatives délices (Les). Le moment où l’homme et la femme, mêlant leurs ondes spermatiques, se pâment sous l’excès de jouissance qui en résulte.

Plaisirs inconnus des dieux, Superlatives délices!...

Béranger.

T
T

Tabernacle. La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu—des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un rude tabernacle!...

Tisserand.

Tablier de sapeur. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés... On dit aussi: Barbe au con.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

J. le Vallois.

Tablier lève (Son). Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

Tacher une femme. Répandre à son intention—et quelquefois à son profit—un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.

Mais v’là que j’ vous tache, mam’zelle, C’est la faute de vot’ bretelle: Plus qu’ mon amour elle tenait.

Béranger.

Tambouriner. Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

Ma foi, s’il se perd sous ma jupe, Nous le ferons tambouriner.

(Chanson anonyme moderne.)

Tante. Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins; adolescents, ce sont des cousines; plus âgés, ce sont des tantes.

Moreau Christophe.

Taper dans le tas. Étant donné que:—le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et... vous arrivez à réaliser le proverbe:

Qui en a vu une, les connaît toutes.

Taper dans l’œil. Commencer à plaire à quelqu’un—ou à quelqu’une;—séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

Ma petite poulette, Dans la rue Montorgueil, Ton p’tit nez en trompette, Il m’a tapé dans l’œil. Laïtou, etc.

Al. Dalès.

Taquiner le bouton, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.

La gauche, autour du cou bien doucement passée, Taquine le bouton de la gorge agacée.

L. Protat.

Taquiner le hanneton. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la tête aussi bien dans un con que dans un cul.

... Le Suédois, dit-on, Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton.

L. Protat.

Témoins à décharge. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger.

Suivant les témoins à décharge, Le vol doit être récusé. —Les imposteurs! répond Glycère, N’écoutez pas leurs faux rapports, Ils n’ont rien vu, c’est bien sincère, Car tous les deux étaient dehors.

Vaubertrand.

... L’abbé... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier: c’est un prunier sauvage...

(Contes d’Eutrapel.)

Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. de Larivey.

Tempérament. Ardeur amoureuse.

Qui sait, hélas! si ton tempérament Ne trahit pas ton malheureux amant.

Voltaire.

Né avec un tempérament de feu, je connus à peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.

Diderot.

Pinc’-moi plutôt un d’ ces grands drôles Qui crèvent de tempérament, Larges des reins et des épaules: C’est du nanan.

E. Debraux.

Temple de Cypris. La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie, Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien, Que je ne baise, ou tâte, ou retâte, ou manie.

Tendre sa rosette. Se laisser enculer par un homme.

Tenir la chandelle. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie; se faire maquereau.

Quand vous venez, à Fabrice dit-elle, Me faire tenir la chandelle Pour vos plaisirs jusque dans ma maison.

La Fontaine.

A son destin j’abandonne la belle, Et me voilà; des esprits comme nous Ne sont pas faits pour tenir la chandelle.

Parny.

Tu m’as pris pour un imbécile... Comment! moi j’irais tenir la chandelle!

Jaime fils.

Tenir une maison. Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, à leurs risques et périls: seul commerce qui aille bien!

Tu connais pas Morin, qu’est de la police?... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison?

H. Monnier.

Testicules. Les témoins du duel amoureux. Voir Témoins à décharge.

Tétasse. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.

Les tétons deviennent tétasses.

G. Coquillart.

Cette mère des gueux, cette vieille carcasse D’un linge sale et noir resserre sa tétasse.

Théophile.

Tête-à-tête. Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise,—et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup.

J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

Tête-bêche (Faire). Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, à la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

Mais quand parfois il trouve une motte bien fraîche, Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.

L. Protat.

Tétonnière. Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.

Pigault-Lebrun.

Tétons. La gorge d’une femme.

Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre, Sont deux tétons, séparés, faits au tour, Allant, venant, arrondis par l’amour.

Voltaire.

Donne-moi tes tétons.

La Popelinière.

Comme le gland d’un vieux qui baise Flotte son téton ravagé.

(Parnasse satyrique.)

Si son cœur est de roche. Ses tétons n’en sont pas.

J. Duflot.

Théâtre de la nature. Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.

«Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu.

Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec son instrument à vent une ouverture sur les motifs de: sentir avec ardeur.

Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure.

La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport,—à moins de raisons majeures.

—Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui!... Souvent il se fatigue, revient malade... Alors, la directrice se plaint et l’administration coule!!!

Nota: La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.»

Tire-bouchon américain. C’est la tocade de toutes les grisettes. Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.

(Fantaisiste, I, 179.)

Tirelire (Briser sa). Perdre son pucelage,—ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

Maman, apprenez qu’un voleur M’a pris la pièce qu’on admire; Mais ce qui me met en fureur, C’est qu’en brisant ma tirelire, Tout haut chantait le sacripant, Zi, zi, pan, pan!

L. Festeau.

Tirer. Baiser une femme.

Et dans un bois, je savais la tirer.

E. Debraux.

Aimes tu mieux en gamine Tirer l’ coup du macaron?

Saunière.

Montrez à ma mère Tout votre savoir, Elle va vous faire Tirer dans le noir.

(Les Archers de l’amour.)

A ce prix-là, dans toute la boutique De faire un choix j’eus la permission Et je montai pour tirer une chique...

(Chanson anonyme moderne.)

Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chique, Dit un futur Gerbier...

L. Protat.

Réclamant aux vieillards libidineux ses gants, Et tirant tous les jours des coups extravagants.

A. Glatigny.

J’ vois que vous y prenez goût. Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup.

F. de Calonne.

Tirliberly. Mot forgé pour désigner le membre viril.

Et retroussé jusqu’au tirliberly, En laisse voir un tout des plus superbes.

Grécourt.

Tiv. Anagramme de vit.

Polidor, amoureux d’une beauté sauvage, Prit en sa main son tiv rouge comme un tison, Et dit: Faut-il, hélas! que je meure en servage, Ayant dedans ma main la clef de ma prison!

Gombauld.

Toison. Les poils qui garnissent l’entrée du con.

Pour garder certaine toison, On a beau faire sentinelle, C’est temps perdu lorsqu’une belle Y sent grande démangeaison.

La Fontaine.

Au soleil tirant sans vergogne Le drap de la blonde qui dort, Comme Philippe de Bourgogne Vous trouveriez la toison d’or.

Th. Gautier.

Va sur Acomat au poil raide, Sur Fatime, à la toison d’or.

B. de Maurice.

Tomber sur le dos. Se faire baiser.

Tiens! v’là Victoire qui roule sa bosse.

—Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort jamais.

—Parbleu! elle sera tombée dans l’escalier; c’est là qu’elle aura attrapé ça.

(Souvenirs de carnaval.)

Mais aussi qui ne tombe pas Au premier mot qu’on lui dise.

Bussy-Rabutin.

Ce sont filets et piéges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.

Noel du Fail.

Tordion. Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

Et inventa la bonne dame Mille tordions advenants, Pour culeter à tous venants.

Cl. Marot.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.

B. Desperriers.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

Brantôme.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. de Larivey.

Tortiller du cul, ou des fesses. Se trémousser sous l’homme.—Hésiter, faire des manières.—On dit aussi: tortiller de la crinoline, c’est-à-dire: se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.

Quand on va boire à l’Ecu N’ faut pas tant tortiller du cu.

Vadé.

Quand tout sommeille aux alentours, Hortense, se tortillant d’aise, Dit qu’elle veut que je la baise Toujours, toujours.

A. Privat d’Anglemont.

Au miché je sais battre un ban; Je sais tortiller de l’échine.

(Chanson anonyme moderne.)

Toucher. Faire l’acte vénérien.

La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.

(Moyen de parvenir.)

Ecoute, mon mignon, contemple Du bon Joseph les saints exemples, Qui ne toucha sa sainte dame.

Jodelle.

Mais si un amoureux la touche, Elle repartira du cu, Encore mieux que de la bouche.

(Cabinet satyrique.)

Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.

Brantôme.

N’ayant touché que vous, je n’en puis rien savoir.

J. de Schélandre.

Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

Tallemant des Réaux.

Il ne lui touche point, vit dedans l’abstinence.

La Fontaine.

Phébus, au même état où je me suis couchée, Me trouve le matin sans que l’on m’ait touchée

(Épigrammes.)

Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.

Ch. Sorel.

Femme gentille et sage Est un trésor; mais il n’y touche point.

Parny.

Toucher (Se). Se livrer à la masturbation, à ce plaisir solitaire que Martial appelle si justement gaudia fœda, et dont tant de jeunes gens sont morts,—sans compter le compositeur Bellini. Les murs de Paris ont été longtemps couverts de cette légende: Galimard se touche. Serait-ce vrai, Seigneur!

Toucher la grosse corde. Patiner le membre viril et le faire résonner sur le ventre.

Toupet (Avoir du). Avoir la motte bien garnie.

Ce n’est point là le conin que vous aviez au couvent; il n’y avait que du poil follet, du duvet, et je tiens là un toupet. Un vrai toupet.

La Popelinière.

Toupie. Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme on veut—en y mettant le prix.

Misère et corde! c’est déjà des histoires pour des toupies.

Gavarni.

Tour de bitume. Promenade des filles sur les boulevards, pour raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en maison, soit dans leur appartement lorsqu’elles sont chez elles.

Allons! voilà mon tour de bitume arrivé... Au persil! au persil!...

Lemercier de Neuville.

Tour de fesse. L’acte vénérien.

Francine, trop chaude du cu, Pour mieux couvrir ses tours de fesse, Voulait épouser un cocu.

Théophile.

Tourner de l’œil, Tourner la prunelle. Montrer le blanc des yeux en jouissant.

Tu tournes la prunelle... Tu vas jouir... ma belle...

Marc-Constantin.

Tracasser les couilles d’un homme. Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles... là... là... tout du long.

La Popelinière.

Traînée. Fille de mauvaise vie, qui traîne sa jeunesse quand elle est jeune, sa beauté quand elle en a, dans tous les endroits où vont les hommes et où elle ne devrait pas aller.

Elle sera heureuse avec lui... si elle ne fait pas la traînée avec lui, par exemple.

Eug. Vachette.

Traîner son boulet (ou sa chaîne). Terme populaire qui signifie: avoir toujours sa femme légitime au bras, sur le dos, ou sous la pine.—Le mariage étant une chaîne, on en a pour jusqu’à la fin des jours de l’un ou de l’autre.

Traits. Infidélités qu’un homme fait à une femme, ou une femme à un homme; coups tirés illégalement.

Son mari lui avait fait tant de traits qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.

. . . Devant monsieur le maire J’ai solennellement promis de ne pas faire De traits à mon époux...

L. Protat.

Travail. Prostitution; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête, A ton flâneur donne de l’agrément; Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette, Que t’es pas là pour ton amusement.

L. Festeau.

Que tu travailles bien aussi!... fort! fort!... ma mignonne, tu me ravis!...

La Popelinière.

Tu passes toutes tes soirées Chez Dautun le marchand de vin: Les autres femmes, plus rusées, Travaillent du soir au matin.

Dumoulin.

Epous’s d’ultras, Nièc’s de prélats, Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas.

Béranger.

O femelle divine, Crois-moi! Fais travailler ma pine Sur toi!

Eug. Vachette.

Trémousser (Se). Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme,—ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager, afin d’arriver à la jouissance mutuelle.

Amusez-vous, trémoussez-vous, Amusez-vous, belles; Amusez-vous, ne craignez rien, Trémoussez-vous bien.

Désaugiers.

Quoiqu’usé, le vieux Mondor Pour Lisette soupire; L’âge a rouillé son ressort, Mais il se trémousse encor... Pour rire.

Piton.

Trente points (Les) qui constituent la beauté des femmes, sont,—je cite d’après Brantôme:

Trois choses blanches: la peau, les dents et les mains. Trois noires: les yeux, les sourcils et les paupières. Trois rouges: les lèvres, les joues et les ongles. Trois longues: le corps, les cheveux et les mains. Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds. Trois larges: la poitrine, le front et l’entre-sourcils. Trois étroites: la bouche, la ceinture et le con. Trois grosses: le bras, la cuisse et le mollet. Trois déliées: les doigts, les cheveux et les lèvres. Trois petites: les seins, le nez et la tête.

Tribade. Mot grec (τριβος) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

Brantôme.

Tribades, mes amours, Sacrifions toujours Dans ce temple où Venus Garde pour nous ses trésors inconnus.

J. Duflot.

Tribadie: amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse de N***.

Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme Que faisiez-vous, vierges du Parthénon? Que faisiez-vous, ô vestales de Rome? Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon.

J. Duflot.

Tricher. Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants,—ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

Pour nous, femmes sages, Hors de nos ménages, Il faut jouir peu, Ou tricher au jeu. Tricher! quelle gêne! On conçoit sans peine, Quand on est expert, Tout ce qu’on y perd.

Béranger.

Tricoter des fesses. Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

Tripière. Femme ou fille à la gorge mal faite,—ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants... Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. Dufour. (Hist. de la prostitution.)

Tripoter une femme. Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

Je tripote, Je bahote Près de la cambuse aux crottes.

(Parnasse satyrique.)

Triquebilles. Vieux mot employé pour désigner les testicules.

Qu’on me coupe les triquebilles!

(Cabinet satyrique.)

Troisième sexe (Le). Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

—Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes,—Hao! fit lord Durham, et qu’est-ce?—C’est le troisième sexe, milord.

H. de Balzac.

Tromper d’endroit (Se). Enculer une femme, au lieu de la baiser,—ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud! comm’ c’est étroit! Tiens! je m’suis trompé d’endroit! J’ai fait un’ fameus’ bêtise, Mamzell’ Lise...

A. de Calonne.

Me voyant traité d’la sorte, Il dit qu’il s’est trompé d’ porte, Et veut m’ fourrer son outil Dans un trou qu’ j’ai sous l’ nombril.

(Parnasse satyrique.)

Trône du plaisir. La nature de la femme.

Si mes vœux près d’Eglé sont toujours superflus, Du trône du plaisir si sa main me repousse.

Collardeau.

Trou. La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(Variétés hist. et litt.)

Nenni, non. Et pourquoi? Pour ce Que six écus sauvés m’avez, Qui sont aussi bien dans ma bourse Que dans le trou que vous savez.

Collé.

Le bout était trop gros, ou le trou trop petit.

Piron.

Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment... commença à jouer au trou-madame.

(Mémoires de miss Fanny.)

Je m’y pris avec tant d’adresse Qu’elle me dit, plein’ de tendresse; Je t’accord’ le droit marital. Puis elle ajouta, pour final: Tu sais le côté qui me blesse, Ah! ne va pas dans le trou d’ bal!

(Chanson anonyme.)

Au séminaire de Montrouge... Chacun, en amateur de cul, Loin de jouer au trou-madame, Jouait toujours au trou du cul.

(Chanson anonyme moderne.)

... La langue française Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise, Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer Ce petit trou mignon qui sait si bien charmer.

L. Protat.

Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre, dans le trou par où elle pisse, ce long engin, avec le plus grand plaisir du monde.

Mililot.

Bernis chanta de Pompadour Les trous qu’avait formés l’amour Sur sa peau blanche et lisse; N’en déplaise à l’auteur galant, Moi, j’aurais chanté seulement Le joli trou Dont je suis fou, Le joli trou qui pisse.

J. Cabassol.

Trousser (Se faire). Se faire baiser.

Mais aux champs une fillette Se fait volontiers trousser.

De la Fizelière.

Trousser une femme. La baiser, la femme étant aussi vite baisée que troussée, ou femme troussée étant considérée comme foutue.

Quoi! tu te laisses trousser tout de suite?

La Popelinière.

Lise, indignée en sentant qu’il la trousse, Sans doute alors se livrait aux sanglots.

Béranger.

Turlupiner. Agacer, ennuyer, taquiner quelqu’un par paroles:—badiner, chatouiller, patiner ou peloter quelqu’un (gestes et attouchements réciproques)—afin de baiser ou d’être baisée.

Finissez donc, dame Jacq’line, Disait gros Pierre; j’ vas m’ fâcher, Où diable allez-vous me nicher? J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ turlupine.

Blondel.

L’auteur a parfaitement l’intention de faire dire au chanteur:

J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ tir’ la pine.

Tu vas me le payer, Aglaé! Expression familière aux filles et à leurs hommes, pour signifier cinquante choses.—C’est l’équivalent de: As-tu fini! ou de: Des navets!

U
U

Ultramontain. Employé pour désigner un homme adonné au péché contre nature.

L’ultramontain, à son culte fidèle, La refusait, et même avec dédain.

Piron.

User (En). Faire l’acte vénérien.

Comme si ce n’était rien que d’enlever en une soirée une jeune fille à son amant, et d’en user ainsi tant que l’on veut.

De Laclos.

Lorsque Jean veut se reposer, S’il me plaît encor d’en user.

Béranger.

User des doigts. Masturber une femme ou un homme.

Pour vous en prendre à votre sexe, Avez-vous mis l’autre aux abois? C’est peu que votre main me vexe, Vous usez pour vous de mes doigts.

Béranger.

V
V

Vache. Fille de la dernière catégorie,—par allusion à ses énormes tétons, sa seule beauté, et aussi à sa nonchalance de ruminante.

Comme on connaît les seins, on les honore.

(Vieux proverbe.)

Avoue, Zidore, que ta Fifine est une bonne vache, et une vache à lait encore.

Lireux.

Vagin. La nature de la femme, qui sert d’étui (vagina) à la grosse aiguille de l’homme.

Le Grec se sauve en Italie; Le morpion grimpe au vagin D’une fillette assez jolie.

B. de Maurice.

Vaisselle de poche. L’argent nécessaire en amour—la braise avec laquelle on chauffe les femmes.

Il a son charme, le métier de mac, surtout au point d’ vue d’ la vaisselle de poche.

Lemercier de Neuville.

A des pouilleux si tu t’accroches, Rappelle-toi qu’il t’en cuira Car l’amour sans vaissell’ de poches, C’est du caca.

E. Debraux.

Valet de cœur. Le greluchon d’une femme entretenue,—qui serait mieux appelé valet de cul, puisqu’il doit être toujours à la disposition de sa maîtresse.

Valoir le coup. Être passable.—Expression employée par l’homme, à l’égard de toute femme qui, n’étant pas belle, a cependant quelque chose qui plaît:—Elle vaut le coup,—c’est-à-dire: elle mérite qu’on la baise au moins une fois.

Vautrer (Se). Faire l’acte vénérien.

Est-il honnête qu’un parent Dessus sa parente se vautre?

Théophile.

Veau. Gourgandine, fille de la dernière catégorie,—sans doute par allusion à sa chair fadasse, plus adipeuse que musculée, plus lymphatique que sanguine, qui ne donne pas le moindre appétit.

Un soir, à la barrière, Un veau Tortillait son derrière Bien beau.

Eug. Vachette.

O vous, jeunes étudiants, De veaux si vous êtes amants, Craignez, craignez fort la vérole.

A. Watripon.

Velléités (Avoir, ou Se sentir des). Avoir envie de baiser une femme quand on est homme, ou de se faire piner par un homme quand on est femme.

Ma chère amie, mes velléités sont passées: vous voudrez bien attendre qu’elles reviennent. Pour l’instant, laissez-moi dormir.

J. Le Vallois.

Vendangeuse d’amour. Fille ou femme qui a pour unique occupation de vendanger l’amour et de tirer de la meule de son pressoir assez d’argent pour ne pas être obligée de faire autre chose; sa grappe est sans cesse écrasée à coups de pine, et le jus qui en sort nous grise.

Ces femmes....... Sont des vendangeuses d’amour. Lorsque des vignes de Cythère On revient, c’est au petit jour, A pas pressé, avec mystère.

A. Delvau.

Mets à profit sa négligence, Et sans alarmes jusqu’au jour, Viens vendanger en son absence Des fruits de plaisir et d’amour.

Parny.

Vendre sa fleur. Se laisser dépuceler par un monsieur qui en a les moyens.

Ces ouvrièr’s au gent minois Qu’on voit parfois, En tapinois, Vendre leur fleur jusqu’à cent fois par mois.

Émile Debraux.

Venir au fait, aux prises, etc. Baiser,—qui est la conclusion naturelle de toutes les minauderies de la femme et de toutes les cajoleries de l’homme.

Mais cependant, quand ce vient au fait, elles éprouvent le contraire.

Mililot.

Une jeune beauté s’étant rendue amoureuse d’un jeune homme bien fait, lui donna tant de libertés qu’ils en vinrent à l’abordage.

D’Ouville.

Qu’avec l’abbesse un jour venant au choc.

La Fontaine.

Il parle trop, dit Emilie, Et jamais il ne vient au fait.

Daillant de la Touche.

C’est assez parlementé, Il faut en venir aux prises.

(La Comédie des chansons.)

Le valet de là-dedans s’amouracha d’elle et elle de lui, de sorte qu’ils en vinrent aux prises.

D’Ouville.

La belle, quand ce vint aux prises, fit ouf.

Tallemant des Réaux.

A peine lui donna-t-il le temps de se recoucher pour en venir aux prises.

(La France galante.)

Il la baisa pour en avoir raison, Tant et si bien qu’ils en vinrent aux prises.

La Fontaine.

Oh! monsieur, je vous remercie, nous en venons tous les deux, le clerc et moi.

B. Desperriers.

Il lui demande si elle est en résolution d’en venir aux prises.

Ch. Sorel.

Vénus populaire (La). La fille de trottoir, qui ne demande que deux francs pour un voyage à Cythère.

Amour, empoisonne mes sens. Et toi, Vénus la populaire, A toi mon hymne et mon encens.

A. Barbier.

Ces rustiques Vénus qui font les innocentes.

Ant. Méray.

Faut t’voir valser, comm’ t’es vive et légère; Tous les garçons disiont d’ toi dans le pays, Qu’ t’es t’un’ vraie nymphe, un’ Vénus potagère. J’ n’en bois ni mange et j’ n’en dors point les nuits.

Ad. Porte.

Nous avons eu depuis: la Vénus aux carottes.

Verge. Le membre viril,—avec lequel on fouette le ventre des vierges; virga, virgo.

Il souhaitait qu’il pût abattre sa faim en se frottant le ventre, tout ainsi qu’en se frottant la verge, il passait sa rage d’amour.

Brantôme.

L’académicien dit: mon vit. Le médecin: Ma verge....

L. Protat.

Verger de Cypris. Le pénil, autrement dit la motte de la femme, où «le fruit d’amour rit aux yeux.»

Lors elle lui donna Je ne sais quoi qu’elle tira Du verger de Cypris, labyrinthe des fées.

La Fontaine.

Vérole. Maladie vénérienne, plus commune aujourd’hui que jamais, pour laquelle il y a à Paris un hôpital spécial, l’hôpital du Midi.

Cent escoliers ont pris la vérole avant que d’être arrivés à leur leçon d’Aristote la Tempérance.

Montaigne.

Si j’ suis paumé, j’enquille aux Capucins, Ricord guérira ma vérole.

Dumoulin.

Vingt couches, autant de véroles Ont couturé son ventre affreux, Hideux amas de tripes molles Où d’ennui bâille un trou glaireux.

Anonyme.

Veuve Poignet. La main qui sert à branler,—la première maîtresse des jeunes gens, comme le médium est le premier amant de toutes les femmes.

Pour l’apaiser, je n’avais qu’une main: Je m’en servis pour écumer sa bile. Veuve Poignet, sans vous, qu’aurais-je fait? Mais avec vous, c’était chose facile.

Anonyme.

Vézon. Fille publique—dans l’argot des voleurs.

Mon père est maquereau, ma mère était vézon. Moi j’ai reçu le jour sous les toits d’un boxon.

Louis Protat.

Viande. Femme publique.

Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

Lemercier de Neuville.

Viande de l’homme (La). Son membre, dont les femmes sont si friandes et qu’elles mettent si volontiers cuire dans leur four avec son jus.

Mais sans un bon morceau de viande, Fille a toujours le ventre creux.

Marcillac.

Ainsi que l’a dit un grand saint, A l’homme s’il faut du bon vin, A la femme il faut de la viande.

A. Watripon.

Pour moi, je ne suis point friande De tout ce gibier que l’on vend, Ne m’importe quelle viande Pourvu qu’elle soit du devant.

Théophile.

Tu n’ me l’ mettras pas, Nicolas, Je n’aim’ que la viand’ fraîche.

J.-E. Aubry.

Vice (Avoir du, montrer du). Avoir l’esprit tourné vers les choses de la fouterie; avoir pratiqué l’homme quand on est femme, la femme quand on est homme.

Tout jeune, il montra bien du vice, Quand, perdu dans une forêt, Au lieu du sein de sa nourrice, Il se tétait le flageolet.

Al. Pothey.

Vicieux (Être un). Ne songer qu’aux choses de la fouterie.

Qu’est-ce donc qui vous prend?... Vous êtes donc aussi un vicieux?

Tisserand.

Vierge. Fille qui n’est pas encore devenue femme, c’est-à-dire dont le vagin n’a pas encore été habité par un membre viril,—mais dont l’imagination a été hantée par mille visions lubriques.

Non, je n’appelle pas vierge une jeune fille Qui donne des cheveux à son petit cousin, Ou qui, chaque matin, se rencontre et babille Avec un écolier dans le fond du jardin.

Alph. Karr.

Je veux mourir, si je me souviens d’avoir jamais été vierge!

dit Quartilla à Encolpe,—et beaucoup de femmes pourraient en dire autant.

Vieux monsieur (Le). L’homme qui entretient une femme, pour le distinguer du jeune—ou des jeunes—qu’elle entretient elle même.

C’était par un temps pluvieux, Nos bell’s n’avaient pas leurs vieux.

A. Watripon.

Celle-là, sur un lit nonchalamment couchée, Par un vieux cupidon était gamahuchée.

L. Protat.

A son âge, on n’a plus d’amour... —Oui, mais on a plus d’un caprice. Quand mon fils est par trop méchant, Tu sais comment je le corrige, —Eh! mais c’est ainsi, justement Que j’entretiens le sentiment De ce vieux monsieur qui m’oblige.

(Chanson anonyme moderne.)

Toinette, fraîche dondon, Chantait ainsi son martyre, Pensant à son vieux satyre... Tout en plumant un dindon.

J. Poincloud.

Vigne. Une femme; que l’on peut planter, cultiver, pour y grappiller tout à son aise, avec les mains—et la queue.

Et dans la vigne du seigneur Travaillant ainsi qu’on peut croire.

La Fontaine.

Violon. Membre viril,—instrument qui fait danser les femmes et les filles.

Je jouais si vivement En c’ moment, Qu’ fatiguant mon bras, J’ai pour ses appas, Tant j’ mettais d’action, Rompu mon vi (ter) olon.

Laurent.

Vit. «La partie qui fait les empereurs et les rois, la garce et le cocu,» dit le vertueux Pierre Richelet.

En voici la description, d’après l’auteur du Noviciat d’amour:

Ce tube est le chef-d’œuvre de l’architecture divine qui l’a formé d’un corps spongieux, élastique, traversé dans tous les sens par une ramification de muscles et de vaisseaux spermatiques. Il est, à son extrémité supérieure, surmonté d’une tête rubiconde, sans yeux, sans nez, n’ayant qu’une petite ouverture et deux petites lèvres, couvert d’un prépuce, retenu par un frein délicat qui ne gêne point le mouvement d’action et de rétroaction: au bas de cet instrument précieux sont deux boules ou blocs arrondis, qui sont les réservoirs de la liqueur reproductive, qu’aspire et pompe votre partie dans le mouvement et le frottement du coït, id est, de la conjonction; ces deux boules enveloppent deux testicules, d’où elles ont pris leur nom, et sont soutenues par le ralphé; on les nomme plus généralement couilles et couillons.....

Mercier de Compiègne.

On dit de quelqu’un qui rougit de chaleur, de honte, de colère, ou pour toute autre cause: Il est rouge comme un vit de noce. (Dicton populaire.)

L’académicien dit: Mon vit.

L. Protat.

Ah! je n’y tiens plus! le cul me démange... Qu’on m’aille chercher l’Auvergnat du coin... Car je veux sentir le vit de cet ange Enfoncer mon con—comme avec un coin.

(Parnasse satyrique.)

Si je quitte le rang de duchesse de Chaulne Et le siége pompeux qu’on accorde à ce nom, C’est que Giac a le vit long d’une aune, Et qu’à mon cul je préfère mon con.

Collé.

De Madeleine ici gisent les os, Qui fut des vits si friande en sa vie, Qu’après sa mort tout bon faiseur supplie Pour l’asperger lui pisser sur le dos.

B. Desperriers.

Quand votre vit, à jamais désossé, Comme un chiffon pendra triste et plissé.

(Chanson d’étudiants.)

Viticulture. Culture des vits. Expression mise en usage par les jardinières à-matrices.—Ces dames, se basant sur ce que horticulture signifierait: culture des orties, ont créé la viticulture. Elles s’y livrent, non-seulement sans crainte, mais encore avec le désir ardent d’être souvent piquées. Que la récolte soit bonne ou mauvaise, elles s’aident entre elles, et se prêtent volontiers la main—pour l’amour de l’art.

Voir. Faire l’acte vénérien.

Vous languissez quelquefois A la cour plus de trois mois, Sans que l’heure se présente, Et moi, bienheureux, je vois, Quand il me plaît ma servante.

(Cabinet satyrique.)

Vous avez été pour le moins six mois à la voir journellement.

Ch. Sorel.

Il dit que si je la vois En un mois plus d’une fois, Il m’en coûtera la vie.

Saint-Pavin.

Le dernier homme que voit Fulvia, c’est toujours celui qu’elle croit destiné par le ciel à perpétuer sa race.

Diderot.

Voix (Avoir ou n’avoir pas de). Bien ou mal chanter sa partie dans le duo de la fouterie.

Vous avez la courte-haleine: Parler d’amour une fois, C’est me donner la migraine! Monsieur n’a donc pas de voix?

Collé.

Avec moi que de fois Il a manqué de voix.

Béranger.

Volaille. Femme plus que légère, et même un peu putain.

... Eh bien, canaille! Va donc la retrouver, et que cette volaille (C’est mon plus cher désir) cède à ta passion.

L. Protat.

Ma danseus’ m’a traité d’ pochard, Moi j’ l’ai traité’ d’ volaille.

J. Moinaux.

Volupté. Jouissance suprême obtenue, soit par la masturbation personnelle, soit par le coït.

Et ce manége-là, plusieurs fois répété, Au suprême degré porte la volupté.

L. Protat.

Voué au blanc (Être). Vaurien qui ne sera jamais qu’un mangeur de blanc: un maquereau.

Voyage à Cythère (Faire un). Baiser, l’acte copulatif se faisant d’une ou plusieurs traites, selon la vigueur des deux voyageurs.

Le marquis, qui croit qu’il s’agit d’un petit voyage à Cythère...

Jean Du Boys.

Wagon. Femme de mauvaise vie,—de dernière classe.

Il y a aussi des wagons de première, réservés aux gandins riches.

X
X

X. 23e lettre de l’alphabet.—Sert ordinairement de masque et de pseudonyme aux dames ou demoiselles X..., lorsque MM. les chroniqueurs redoutent les procès ou les coups de canne.

Y
Y

Yeux blancs (Faire les). Se pâmer sous l’influence de la jouissance vénéréique.

La grisette, qui commence à faire ses yeux blancs...

H. Monnier.

Yeux de carpe (Faire des). Montrer le blanc des yeux, se pâmer dans l’acte copulatif.

Z
Z

Zèbre. (Zef, zeb ou zif). Vit arabe, long, pointu et mince... «comme bouriquot...»

«Dit le Turco Bono.»

Leila, tu le dis faible et ce grand point j’ignore Je connais le moyen de rendre un zèbr’ hardi.

Em. Delorme. (Chanson arabe.)

Zon (Faire). Foutre.

Vous avez l’œil fripon, Ma charmante voisine; Si vous ne faites zon... Vous en avez la mine... Et zon zon zon, etc.

Lattaignant.

FIN

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