Note (retour) — PATOIS DU PAYS DE BRAY
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Maintenant abordons notre travail principal, et tâchons de donner une idée générale du patois brayon, avant d'en venir au glossaire des mots que nous avons recueillis. Deux voies s'ouvrent devant nous: l'une que suivent les savants, l'autre dans laquelle marchent les simples travailleurs. Cette dernière voie sera la nôtre. Nous nous bornerons donc à constater ce qui est, sans rechercher le cûr, quomodò, quandò; c'est-à-dire que nous abandonnerons aux maîtres de la science les observations scientifiques et les découvertes étymologiques, pour nous occuper seulement à recueillir des matériaux sur lesquels ils puissent exercer leur sagacité. Nous suivrons cette recommandation pleine de vérité: «La science étymologique, dit M. Auguste Le Prevost, est une arme à deux tranchants, qui ne doit pas être abandonnée à des mains novices. On peut encore la comparer à ces flambeaux qui jettent de la fumée et de l'obscurité sur leur passage, quand ils n'éclairent pas. Elle demande non-seulement la connaissance approfondie et la comparaison continuelle d'un grand nombre de langues, de dialectes, d'idiotismes, une faculté d'observation et de rapprochement exquise, mais encore beaucoup de sobriété, de loyauté, de circonspection dans l'exercice de cette faculté; sans quoi on arrive par une pente très-rapide à faire venir affana d'equus 24; on se discrédite soi-même et l'on discrédite l'une des recherches les plus piquantes et les plus utiles à la satisfaction de la raison humaine, qui puisse occuper les loisirs d'un érudit. Nous insistons d'autant plus sur la nécessité d'une grande réserve à cet égard, que, débarrassé de cette grave responsabilité, le travail que nous désirons voir entreprendre dans chaque arrondissement n'offrira plus qu'une tâche facile à chacun de nos collaborateurs 25.»